Je vais être honnête avec vous : ça fait un moment que je cherche un clavier full size qui tienne vraiment la route. Après avoir testé pas mal de formats compacts sur jide.fr, j’ai fini par accepter une évidence personnelle. J’aime les claviers avec un pavé numérique. J’aime les gros claviers qui occupent le bureau. J’aime les boutons physiques pour régler le volume, et j’adore pouvoir configurer chaque touche selon mes envies. Et c’est comme ça que le TH108 V2 Pro d’Epomaker a fini sur mon bureau. Et il y est resté.
Vendu à partir de 98,99 $ (environ 93 €) sur le site officiel, le TH108 V2 Pro n’est pas le clavier le plus cher de la planète, loin s’en faut. Mais pour ce tarif, Epomaker a entassé dans ce boîtier une quantité de fonctionnalités qu’on trouve normalement chez des marques à 200 € et plus. Écran tactile en verre, molette multi-fonctions, batterie de 10 000 mAh, gasket mount 5 couches, hot-swap, tri-mode sans fil. Au point qu’on se demande où est l’entourloupe. Spoiler : il y en a quelques petites, mais rien de rédhibitoire. Je vous explique tout.
Caractéristiques techniques du TH108 V2 Pro
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Format | 100% full size, 104 touches |
| Coloris | Black, Pink, Blue White Pink |
| Boîtier | ABS épais |
| Plaque | PC avec flex-cut |
| PCB | FR4 avec flex-cut, hot-swap 5 broches |
| Montage | Gasket mount |
| Switches au choix | Epomaker Creamy Jade (45 gf, linéaire) ou Sea Salt Silent V2 (silencieux linéaire, 45 gf) |
| Pré-lubrification | Oui, usine |
| Keycaps | Cherry profile, PBT double-shot |
| Stabilisateurs | Plate-mounted, finement ajustés |
| Insonorisation | 5 couches (PORON sandwich, IXPE switch pad, PET sound-enhancement, PORON + latex, silicone bottom) |
| Écran | Écran tactile en verre |
| Molette | Rotative, modes volume ou navigation écran (Fn + molette pour basculer) |
| RGB | South-facing per-key + barre LED latérale + zones décoratives |
| Connectivité | Tri-mode : USB-C, 2.4 GHz, Bluetooth |
| Latence | 2 ms (USB), 5 ms (2.4 GHz), 11 ms (Bluetooth) |
| Polling rate | 1000 Hz (USB / 2.4 GHz), 125 Hz (Bluetooth) |
| Batterie | 10 000 mAh (jusqu’à 200 h sans RGB ni écran, 40 h en pleine charge visuelle) |
| Driver | Web-based (Chrome), aucun logiciel à installer |
| Compatibilité | Windows, Mac, Android |
| N-key rollover / anti-ghosting | Oui |
| Kickstand | 2 étages, 3 angles (6°, 8°, 10,5°) |
| Dimensions | 447,37 × 140,72 × 43,95 mm |
| Poids | 1,5 kg |
| Prix | 98,99 $ (Creamy Jade) / 99,99 $ (Sea Salt Silent V2) |
Quand on aligne cette fiche face à celle d’un Keychron Q6 ou d’un Glorious GMMK Pro Full Size, on se frotte les yeux. La densité de fonctionnalités pour moins de 100 $ n’a presque pas d’équivalent sur le marché. La seule chose qu’on ne retrouve pas ici, c’est un châssis en aluminium (le boîtier est en ABS épais) et des stabilisateurs screw-in. Ce sont les concessions faites pour tenir le tarif, et honnêtement, ça ne se voit pas à l’usage.
Un point à signaler tout de suite pour les lecteurs français qui tapent en AZERTY : le TH108 V2 Pro n’est pas proposé en ISO-FR officiellement. On trouve du QWERTY ANSI et de l’ISO-UK. Personnellement, je tape en QWERTY depuis des années donc ça ne m’a pas gêné, mais c’est à savoir avant de commander.

Unboxing et qualité de fabrication
La boîte est sobre, solide, bien protégée. À l’intérieur, on trouve le clavier dans un sachet zip, un câble tressé USB-A vers USB-C (USB-C des deux côtés aurait été préférable en 2026, mais passons), une pince 2-en-1 pour switches et keycaps, deux switches de rechange, et le manuel multilingue. Pas de housse de transport, ni de repose-poignet, ni d’accessoires gadget. Epomaker a mis le paquet sur le produit et moins sur les à-côtés, ce qui me va très bien.

Le dongle 2.4 GHz est astucieusement planqué sous le pied gauche du clavier. Si vous ne l’avez pas sous les yeux les dix premières secondes, ne paniquez pas, il est là. J’ai failli me faire avoir au déballage.
Le clavier lui-même en impose. 1,5 kilo sur la balance, 447 mm de long, 140 mm de large. Ce n’est pas un jouet. Posé sur le bureau, il ne bouge pas. Et c’est précisément ce que je cherche. J’en avais marre des petits claviers légers qui glissent quand on frappe énergiquement. Le TH108 V2 Pro reste ancré en place quelles que soient les circonstances, et ça change la vie au quotidien.
Le boîtier est en ABS, mais attention, pas du plastique premier prix. C’est de l’ABS épais, rigide, qui sonne plein quand on tapote dessus. La finition mate ne fait pas bon marché, et le modèle noir que j’ai choisi a une présence discrète mais affirmée. Sur la tranche, on retrouve les deux barres LED personnalisables qui reprennent l’éclairage du clavier, et franchement, c’est joli sans être kitsch. Ceux qui préfèrent un look plus fun pourront se tourner vers la version Blue/White/Pink, qui assume totalement son côté pop.
Sur le dessus, côté droit, c’est le terrain de jeu qui a fait pencher la balance pour moi : un petit écran tactile en verre rectangulaire, une molette cliquable, et deux interrupteurs physiques. Un pour basculer entre les trois modes de connectivité (USB, 2.4 GHz, Bluetooth), l’autre pour passer de Mac à Windows instantanément. Tout est là, rien à télécharger, rien à configurer. Je ne peux pas décrire à quel point cette sobriété d’accès aux fonctions me plaît.

Les keycaps en PBT double-shot à profil Cherry sont un bon standard. Le PBT résiste mieux au brillant avec le temps que l’ABS, et le profil Cherry offre une courbure par rangée qui guide naturellement les doigts. Les légendes sont claires, le shine-through des modificateurs Mac permet de les repérer sans chercher. Un vrai petit plus.
Une expérience de frappe étonnamment mature
On arrive au cœur du sujet. Parce qu’au final, un clavier, ça sert à taper. Et le TH108 V2 Pro tape bien. Très bien, même.

J’ai opté pour les switches Sea Salt, C’est un profil classique orienté gaming mais avec un feeling très agréable en bureautique aussi car très silencieux. La lubrification d’usine est correctement faite, il n’y a pas ce bruit de frottement désagréable qu’on trouve sur les switches bas de gamme non lubrifiés. Chaque pression descend de manière fluide, uniforme, sans accroche parasite.
La vraie surprise, c’est le son. Epomaker a empilé cinq couches d’insonorisation dans le châssis : mousse PORON en sandwich, switch pad IXPE, PET d’amélioration sonore, mousse PORON et latex sous les switches, silicone au fond. Résultat : un thock profond, creamy, bien feutré, qui ne résonne absolument pas. On est loin du clavier clic-clac qui agresse les oreilles des collègues. C’est un son posé, mature, qu’on peut faire tourner huit heures par jour sans lassitude. Pour ceux qui cherchent un clavier thocky à petit prix, la promesse est tenue.
Si vous êtes plus sensible au bruit (ou si vos collègues le sont), la variante avec switches Sea Salt Silent V2 existe pour 1 $ de plus. Selon les reviews, ces silencieux sont vraiment discrets, sacrifiant un peu du caractère sonore au profit d’une utilisation feutrée. Le choix dépendra vraiment de votre environnement de travail.
Le gasket mount avec plaque flex-cut PC et PCB flex-cut FR4 fait un vrai travail. La frappe a ce léger rebond en bout de course, cette sensation d’amortissement qui soulage les doigts sur les longues sessions. Je tape beaucoup, je code beaucoup, et après plusieurs semaines d’utilisation quotidienne, je ne ressens pas cette fatigue articulaire que j’avais parfois avec des claviers plus rigides. L’impression de frappe est douce sans être molle. L’équilibre est vraiment bien trouvé.
Les stabilisateurs plate-mounted sont corrects. Ils ne rattling pas, ce qui est déjà un exploit à ce prix. Évidemment, ils ne seront pas au niveau de vrais screw-in tunés, et la limitation vient du fait qu’on ne peut pas en installer d’autres, le PCB n’étant pas compatible. C’est la concession à avaler pour le tarif. Honnêtement, sauf si vous êtes un obsessionnel du son, les stabs d’origine suffisent largement.
Le polling rate plafonne à 1000 Hz en USB et en 2.4 GHz avec une latence de 2 ms en filaire, 5 ms en sans-fil. Pour 95 % des usages, c’est parfait. Les gamers compétitifs haut niveau qui veulent du 4000 ou 8000 Hz regarderont ailleurs, mais ce n’est clairement pas la cible du produit, malgré le marketing « gaming keyboard ».
L’écran et la molette : le vrai argument de différenciation

C’est le truc qui m’a vraiment fait craquer, je ne vais pas me cacher. L’écran tactile en verre n’est pas un gadget, il est vraiment utile au quotidien.
Par défaut, il affiche des informations système : l’heure, la date, le niveau de batterie, le mode de connectivité actif. Rien que ça, c’est déjà pratique. Ne plus avoir à vérifier dans la barre de menu système si le clavier est toujours bien appairé, c’est un confort qu’on adopte vite. Mais on peut pousser beaucoup plus loin. L’écran peut afficher un GIF personnalisé, une image, ou même servir de mini-afficheur pour suivre les réglages de rétroéclairage.
La molette juste à côté est cliquable et rotative. Par défaut, elle contrôle le volume, ce qui était une de mes priorités absolues pour passer au full size. Tourner le pouce pour baisser la musique au lieu de chercher la combinaison Fn + quelque chose, ça n’a l’air de rien, mais au bout de quelques jours c’est devenu un réflexe que je ne veux plus perdre. Et quand on appuie dessus, mute instantané. Du bonheur.
Un appui long Fn + molette permet de basculer entre les modes : volume, luminosité du rétroéclairage, sélection des effets RGB, navigation dans les menus de l’écran, changement de système. Il faut un peu de pratique pour mémoriser l’enchaînement, mais une fois dedans, c’est fluide. Et surtout, c’est personnalisable via le driver.
Dans la transcription YouTube que j’ai consultée avant ce test, la reviewer mentionnait aussi la possibilité de verrouiller la touche Windows directement depuis le clavier, via l’écran et la molette. J’ai testé, ça fonctionne, et pour tous ceux qui jouent et qui en ont marre d’être éjectés du jeu par un appui accidentel sur Windows, c’est un vrai bonus.
Personnalisation avec le driver en ligne : simple et efficace

Epomaker a pris le virage d’un driver web, basé sur Chrome, qui ne nécessite aucune installation. On se connecte à l’URL officielle, le clavier est détecté en USB, et on a accès à la personnalisation complète : remapping des touches, création de macros, programmation des couches (layers), gestion des effets RGB, upload d’images ou de GIFs sur l’écran, synchronisation de l’heure.
Cette approche me plaît beaucoup. Plus de logiciels propriétaires chelou à installer sur la machine, pas de service en arrière-plan qui tourne, pas de compte à créer. On ouvre Chrome, on branche le clavier, on configure, on débranche, terminé. Les réglages sont stockés directement dans la mémoire du clavier, donc tout est conservé même sur une autre machine qui n’a jamais vu le driver.
Le seul bémol est qu’il faut forcément Chrome (ou un navigateur basé sur Chromium) à cause de l’API WebHID utilisée. Si vous êtes sous Firefox ou Safari par principe, il faudra faire une exception pour cette étape. Ce n’est pas dramatique, juste à savoir.
Pour quelqu’un comme moi qui aime bidouiller et configurer finement ses outils, cet accès au driver est un atout majeur. J’ai créé des macros pour mes raccourcis de dev, remappé quelques touches peu utilisées sur des fonctions customs, programmé un affichage particulier sur l’écran. En quelques minutes. Et ça marche.
Autonomie, connectivité et usage au long cours

La batterie de 10 000 mAh n’est pas une exagération marketing, c’est une réalité. Epomaker annonce jusqu’à 200 heures d’utilisation avec le RGB et l’écran désactivés, et environ 40 heures avec tout allumé à fond. Sur mon usage, qui est un mix entre bureautique et sessions de code avec le rétroéclairage à mi-intensité et l’écran qui tourne, j’ai tenu facilement plus de deux semaines sans recharger. C’est gigantesque pour un clavier sans fil.
Concrètement, je ne pense quasiment plus à la batterie. Quand l’écran m’alerte que je passe sous les 20 %, je branche le câble un soir, et je repars pour quinze jours. Pour un produit sans fil, c’est le rêve.
Le mode 2.4 GHz via le dongle est mon mode favori. Latence de 5 ms, polling à 1000 Hz, aucune perte de signal dans mon environnement. Je n’ai pas eu un seul décrochage en plusieurs semaines. Le Bluetooth fonctionne bien aussi, avec une latence de 11 ms et un polling à 125 Hz, largement suffisant pour de la bureautique mais pas idéal pour du gaming. Trois appareils peuvent être appairés en BT simultanément, et le switch se fait avec Fn + Q/W/E.

Petite cerise sur le gâteau : le kickstand à deux étages permet trois angles de frappe (6°, 8°, 10,5°). La plupart des claviers n’en proposent que deux, ici on en a trois, ce qui permet vraiment de trouver la position la plus confortable selon sa posture et son bureau. J’ai fini par adopter la position 8° qui me va parfaitement.

Positionnement face à la concurrence
À 98,99 $, le TH108 V2 Pro est à peu près seul sur son créneau. Les concurrents directs qui proposent un full size, tri-mode, hot-swap, avec écran et molette, tournent en général autour de 150 à 200 €. On peut citer le Keychron Q6 Max (autour de 220 $, full aluminium, pas d’écran mais VIA/QMK), ou le Glorious GMMK Pro Full Size dans une gamme similaire. À ce tarif, Epomaker fait clairement une offre qui dérange.
Ce qu’on gagne face à la concurrence : l’écran tactile, la molette, la batterie monstrueuse, le prix. Ce qu’on perd : un châssis en aluminium, les stabilisateurs screw-in, la compatibilité VIA/QMK native (remplacée par le driver web propriétaire). Pour moi, le trade-off penche très clairement du côté d’Epomaker, surtout parce que le driver web fait remarquablement bien son travail.
Si vous venez du monde des claviers customs haut de gamme, vous trouverez peut-être le TH108 V2 Pro un peu moins premium. Mais si vous cherchez un clavier qui fait tout, bien, à un prix raisonnable, c’est un choix qu’il est difficile de battre.
Les plus
- Rapport qualité-prix qui laisse sans voix sous les 100 $
- Écran tactile en verre net, utile et personnalisable (GIF, infos système)
- Molette multi-fonctions bien pensée pour volume, menus et macros
- Batterie gigantesque de 10 000 mAh, jusqu’à 200 h d’autonomie
- Gasket mount 5 couches avec sonorité creamy et étouffée
- Driver web en ligne sans installation, compatible Chrome
- Hot-swap 5 broches pour changer les switches au gré des envies
- Verrouillage de la touche Windows intégré pour le gaming
Les moins
- Poids de 1,5 kg qui rend tout transport dissuasif
- Bluetooth limité à 125 Hz de polling rate
- Stabilisateurs plate-mounted uniquement, pas de screw-in possible
- Boîtier en ABS qui fait moins premium qu’un full aluminium
- Pas de layout ISO-FR officiel, du QWERTY ou ISO-UK uniquement
Verdict final
L’Epomaker TH108 V2 Pro est le clavier que j’ai adopté comme quotidien, et ce n’est pas un hasard. Il coche toutes les cases qui me tiennent à cœur : un pavé numérique complet (parce que j’en ai besoin et j’aime ça), un écran qui affiche infos et GIFs personnalisés, une molette dédiée au volume (quel bonheur), un driver web qui permet de tout configurer sans bloatware, et une sonorité creamy qui ne fatigue pas. À 98,99 $, c’est une affaire qui relève presque de l’anomalie tarifaire.
Je le recommande sans réserve aux utilisateurs de full size qui veulent un clavier complet, bien fini, avec des fonctions avancées sans exploser le budget. Il est parfait pour la bureautique, le code, la création de contenu, et convient aussi bien au gaming occasionnel grâce à sa latence très honnête en USB et 2.4 GHz. Les gamers compétitifs haut niveau regarderont ailleurs pour du polling rate à 8000 Hz, et les amateurs de customs haut de gamme trouveront un boîtier en aluminium plus gratifiant. Pour tous les autres, c’est un achat qui ne décevra pas.

Jean Idereon est un passionné d’informatique et de technologies émergentes, fort de plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des tests produits et de l’analyse d’outils numériques. Rédacteur, il décrypte l’actualité high-tech et propose des comparatifs rigoureux, des tests approfondis et des guides pratiques destinés aux professionnels comme aux passionnés. Soucieux de fiabilité et de transparence, Jean s’appuie sur des protocoles de test exigeants et une veille technologique permanente pour offrir à ses lecteurs des contenus à forte valeur ajoutée.