Il y a des produits qui font le minimum syndical et d’autres qui donnent l’impression que quelqu’un, quelque part, s’est vraiment amusé à les concevoir. La Epomaker Nex Lite appartient clairement à la deuxième catégorie. Une souris sans fil de 65 g, vendue 32,39 $ (environ 30 €), livrée avec un dock de charge magnétique RGB, et qui embarque non pas un mais deux écrans OLED. Un sur la souris, un sur le dock. À ce tarif, la première réaction est de se demander où est l’arnaque.
Epomaker, tout le monde connaît la marque pour ses claviers mécaniques. Sa gamme de souris est plus récente et moins visible, avec la Click ultra légère, la Carbon X en fibre de carbone et la Nex Pro haut de gamme. La Nex Lite vient se poser tout en bas de cette pyramide en termes de prix mais paradoxalement tout en haut en termes de fonctionnalités visibles. C’est le modèle le plus bavard de la gamme.
J’ai reçu la version bleue, celle qui ressemble le moins à une souris gaming standard. Après trois semaines à l’utiliser en alternance entre le bureau et les sessions du soir, voilà ce que j’en retiens.

Les plus
- Deux écrans OLED vraiment utiles au quotidien
- Dock magnétique qui charge et loge le récepteur 2.4 GHz
- 65 g bien répartis, forme ergonomique confortable sur la durée
- Triple connectivité 2.4 GHz, Bluetooth 5.0 et USB-C
- Configuration par navigateur, aucun logiciel à installer
- Grips adhésifs fournis dans la boîte
- Rigidité de la coque très correcte pour le tarif
Les moins
- Forme droitier uniquement, pas d’ambidextre
- Polling rate plafonné à 1000 Hz
- 125 Hz seulement en Bluetooth
- Les écrans OLED grignotent de l’autonomie
- Coque ABS correcte mais loin du premium
- Aucune autonomie officielle communiquée
Caractéristiques techniques de la Nex Lite
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Capteur | PixArt PAW3311 optique |
| DPI | 12 000 max, 6 paliers (400 / 800 / 1600 / 3200 / 5600 / 12000) |
| Vitesse de suivi | 300 IPS, accélération 35 G |
| Polling rate | 1000 Hz en 2.4 GHz et USB, 125 Hz en Bluetooth |
| Latence annoncée | 1 ms en filaire et 2.4 GHz, 7,5 ms en Bluetooth |
| Connectivité | 2.4 GHz, Bluetooth 5.0, USB-C filaire |
| Boutons | 5 programmables, switches donnés pour 20 millions de clics |
| Écrans | 2 écrans OLED 0,54 pouce (souris et dock) |
| Batterie | 500 mAh, recharge par dock magnétique ou USB-C |
| Poids | 65 g |
| Dimensions | 122 × 65 × 42 mm |
| Matériau | ABS |
| Latéralité | Droitier |
| Logiciel | Configurateur en ligne, navigateur Chromium recommandé |
| Compatibilité | Windows, macOS |
| Prix | 32,39 $ (prix public 35,99 $) |

Deux lignes de ce tableau méritent qu’on s’y arrête. La première, c’est le capteur. Le PAW3311 n’est pas une puce flagship, c’est un capteur d’entrée de gamme optimisé pour la consommation. Sur le papier, ses 12 000 DPI et ses 300 IPS suffisent très largement pour 99 % des usages réels, y compris en FPS. La seconde, c’est le polling rate bloqué à 1000 Hz. En 2026, avec des souris à 4K et 8K partout, ça peut sembler daté. Dans les faits, on parle de la différence entre 1 ms et 0,125 ms de temps de rafraîchissement, et il faut être vraiment sensible pour la ressentir.
Autre détail que la fiche technique ne crie pas : la Nex Lite intègre un bouton rapid fire et un réglage de debounce accessible dans le configurateur. Deux fonctions qu’on trouve habituellement sur des modèles bien plus chers.
Design et qualité de fabrication

Le déballage tient en peu de choses : la souris, le dock de charge RGB avec le récepteur 2.4 GHz intégré, un câble USB-A vers USB-C détachable, deux jeux de grips adhésifs, le manuel multilingue et la carte de marque. Rien de superflu, mais rien qui manque non plus.
Le bleu de ma version est une vraie réussite. Ce n’est pas le bleu criard qu’on redoute sur les périphériques gaming, plutôt un ton mat un peu poudré qui passe très bien sur un bureau clair. La finition mate est lisse sans être glissante, et surtout elle ne garde pas les traces de doigts, ce qui n’était pas gagné sur une couleur pareille.
Le dock, lui, mérite un paragraphe pour lui tout seul. On pourrait le prendre pour un gadget décoratif, il n’en est rien. Il remplit trois fonctions simultanément : il charge la souris, il héberge le dongle 2.4 GHz au plus près du tapis pour limiter les interférences, et il sert de rangement. L’aimantation est franchement costaude. Dès que la souris arrive à deux ou trois centimètres, elle est happée et se cale toute seule avec un petit claquement mécanique très satisfaisant. En trois semaines, je n’ai jamais eu à repositionner quoi que ce soit.

Côté rigidité, j’ai fait le test habituel. J’ai serré la coque à pleine main. Résultat : un très léger fléchissement du plastique, aucun craquement, et surtout aucun déclenchement parasite des boutons latéraux. Pour une souris légère à 30 €, c’est solide. On sent l’ABS, on n’a pas l’impression de tenir un objet à 100 €, mais on est très loin de la sensation de coquille vide qu’on trouve sur certaines ultra légères bas de gamme.
Les 65 g sont bien répartis, sans point lourd à l’arrière. La forme est asymétrique, pensée pour la main droite, avec une inclinaison douce qui soutient la paume sans forcer un angle agressif. Ce n’est pas un clone de Zowie EC de plus, et c’est tant mieux. Les flancs sculptés donnent un point d’appui net au pouce et à l’annulaire.
Les grips adhésifs fournis sont, disons-le, difficiles à décoller de leur sachet tellement ils sont collants. Une fois posés, ils apportent exactement ce qu’on attend : un peu plus d’accroche sans épaissir la prise, et un look légèrement plus enthousiaste.
Expérience d’utilisation au quotidien

Commençons par le confort, parce que c’est là que la Nex Lite gagne le plus de points. Avec 122 mm de long et 42 mm de haut, elle vise clairement les mains moyennes à grandes. En palm grip, elle remplit la paume sans forcer. En claw relâché, elle reste stable. J’ai enchaîné des journées de travail complètes suivies de sessions de jeu le soir sans la moindre tension au poignet.
Le revers de cette forme, c’est la bosse arrière. Elle est assez présente. Si vous avez de petites mains ou si vous jouez en fingertip pur, elle risque de gêner. C’est le type de souris qu’il faut essayer, ou au moins mesurer sa main avant de commander.
Sur le tapis, la glisse est excellente. Les 65 g y sont pour beaucoup, mais les patins jouent leur rôle sans avoir besoin d’être remplacés dès la sortie de boîte. Les mouvements amples partent sans résistance et s’arrêtent net. C’est fluide, c’est prévisible, il n’y a rien à redire.

Les clics principaux sont secs, avec un pré-travel quasiment nul. C’est direct, ça répond immédiatement, et le retour est net sans être fatigant sur la durée. La molette est crantée franchement, avec des paliers bien marqués. En jeu, ça évite de dépasser d’une arme quand on switche vite. En bureautique, c’est peut-être un poil moins agréable qu’une molette libre pour parcourir de longs documents, mais c’est une question de goût.
Sur la partie capteur, j’attendais la Nex Lite au tournant. Le PAW3311 est un capteur budget, et j’avais en tête tous les défauts classiques : lissage, jitter à haut DPI, spin out sur les flicks violents. Rien de tout ça. En 2.4 GHz, le suivi reste stable même sur des mouvements rapides d’un bord à l’autre d’un grand tapis. Le curseur ne part jamais en vrille. La distance de décollage est bien calibrée d’usine : quand je soulève la souris pour repositionner ma main, le viseur ne bouge pas. Pour du FPS grand public, il n’y a honnêtement rien à reprocher.

Alors non, ce n’est pas un PAW3950 et ça se saurait si Epomaker vendait un capteur flagship à 30 €. Si vous jouez en compétition sérieuse et que vous savez précisément pourquoi vous voulez 8000 Hz, ce n’est pas cette souris qu’il vous faut. Pour tous les autres, la différence relève de la statistique plus que du ressenti.
Les écrans OLED, gadget ou vraie idée ?
C’est la question que tout le monde se pose. Deux écrans OLED de 0,54 pouce, un sur la souris, un sur le dock, qui affichent la même chose : niveau de batterie, palier DPI, mode de connexion et polling rate.
Ma réponse après trois semaines est claire : c’est une vraie idée. Pas parce que c’est joli, même si ça l’est, mais parce que ça supprime deux frustrations quotidiennes. La première, l’angoisse de la batterie. On ne se demande plus si la souris va lâcher en pleine réunion ou en plein match, l’info est là, en permanence, en pourcentage. La seconde, la confusion des DPI. Combien de fois faut-il cliquer trois fois sur le bouton DPI en essayant de deviner si on est à 800 ou à 1600 ? Ici, on regarde et on sait.
L’écran du dock fait doublon, techniquement. Mais quand la souris est posée dessus, c’est lui qui vous dit où en est la charge sans avoir à retourner l’objet. Est-ce que c’est un peu tape-à-l’œil ? Oui, un peu. Est-ce que je m’en passerais maintenant ? Non.
Logiciel et personnalisation
Epomaker applique à sa souris la même logique que sur ses claviers récents : pas de logiciel à installer, tout passe par un configurateur web. Concrètement, on branche la souris, on ouvre une page dans un navigateur basé sur Chromium (Chrome, Edge, Brave) et on configure.

C’est un choix que j’apprécie de plus en plus. Zéro processus qui tourne en fond, zéro service qui se lance au démarrage, zéro mise à jour intempestive. Et une compatibilité Windows et macOS identique, sans version bâclée pour l’un des deux systèmes.
Dans l’interface, on peut remapper les cinq boutons, créer des macros, redéfinir les six paliers de DPI, ajuster le polling rate, régler la temporisation de mise en veille, et toucher au debounce des clics. Tout se sauvegarde dans la mémoire interne de la souris. C’est le point important : une fois configurée, la Nex Lite garde ses réglages quand on la branche sur une autre machine. On la pose sur le PC du bureau, elle se comporte exactement pareil.
Le RGB, lui, ne demande même pas de passer par le navigateur. Une zone tactile sur le dock permet de cycler entre les effets lumineux ou de tout éteindre d’une pression. Pour ceux qui, comme moi, finissent toujours par couper les lumières, c’est deux secondes de manipulation et le sujet est réglé.
Autonomie et connectivité sans fil
Soyons honnêtes sur un point : Epomaker ne communique aucun chiffre d’autonomie officiel pour la Nex Lite. On connaît la capacité de la batterie, 500 mAh, mais pas la durée annoncée. C’est un manque, d’autant que les deux écrans OLED consomment forcément une part non négligeable.
Sur mon usage, en 2.4 GHz, avec le RGB coupé et une utilisation mixte bureautique et jeu, je tourne autour d’une semaine de travail entre deux charges. Mais soyons clairs, cette mesure a peu de sens dans mon cas : avec le dock, la souris est en charge dès que je quitte le bureau. C’est tout l’intérêt du système. On ne recharge jamais vraiment la Nex Lite, on la repose, et elle se recharge d’elle-même par petites tranches. En trois semaines, je n’ai pas branché le câble une seule fois.
Côté connectivité, le 2.4 GHz est irréprochable, ce qui n’est pas surprenant vu que le dongle se trouve à quelques centimètres du tapis. Aucune micro-coupure, aucun décrochage. Le Bluetooth 5.0 fait le travail pour un usage nomade sur portable ou tablette, mais rappelez-vous qu’il tombe à 125 Hz de polling rate et 7,5 ms de latence. C’est parfaitement transparent en bureautique, ça se sent en jeu. Réservez le Bluetooth aux déplacements et gardez le dongle pour tout le reste.
Le mode filaire en USB-C reste disponible avec un câble détachable, ce qui est toujours bon à avoir en secours ou pour vider complètement le doute sur la latence.
Rapport qualité-prix et concurrence
À 32 $, la Nex Lite se retrouve dans un segment très encombré. Face à elle, la Logitech G305 (autour de 40 €) reste une référence de fiabilité avec une autonomie monstrueuse sur pile AA, mais elle n’a ni Bluetooth, ni écran, ni dock, et son design commence à dater sérieusement. La Glorious Model O2 Wireless joue dans une autre catégorie de prix et propose une forme ambidextre, ce que la Nex Lite ne fait pas. Du côté des marques chinoises montantes, une Attack Shark X3 embarque un capteur PAW3395 et du 4K polling pour un tarif proche, mais sans les écrans ni le dock.
Et puis il y a la concurrence interne. La Nex Pro, c’est le même poids de 65 g et la même logique de dock, mais avec un capteur PAW3950, jusqu’à 8000 Hz de polling rate et des DPI bien plus élevés. Si vous jouez sérieusement, c’est elle qu’il faut viser. La Click à 58 g et la Carbon X à 50 g s’adressent aux amateurs de fingertip et d’ultra léger pur.
Le positionnement de la Nex Lite est donc assez limpide. Elle ne gagne pas la bataille des specs brutes, elle gagne celle du nombre de fonctions par euro dépensé. Personne d’autre ne propose deux écrans OLED, un dock magnétique avec récepteur intégré et une triple connectivité sous les 35 $. C’est un choix de valeur, pas un choix de performance.
Verdict final
La Epomaker Nex Lite est une souris qui aurait pu être un simple exercice de marketing, avec ses écrans et son dock lumineux, et qui s’avère au contraire très bien pensée. La forme est confortable sur la durée, les 65 g sont bien exploités, le capteur PAW3311 fait un travail bien plus propre que ce que son positionnement laissait craindre, et le dock change réellement le rapport qu’on entretient avec la charge d’une souris sans fil. Les écrans OLED, que j’attendais au rayon gadget, se sont imposés en quelques jours comme quelque chose que je regrette maintenant sur mes autres périphériques.
Les limites sont réelles mais assumées : 1000 Hz maximum, ABS partout, droitiers uniquement, et un flou complet sur l’autonomie annoncée. Ce sont les concessions logiques d’un produit à ce tarif.
Je la recommande sans hésiter à celles et ceux qui cherchent une souris sans fil polyvalente pour le travail et le jeu occasionnel, qui aiment que leur bureau ait de l’allure, et qui ont une main moyenne à grande. Passez votre chemin si vous jouez en compétition et que le 8000 Hz vous parle, si vous êtes gaucher, ou si vous avez de petites mains et un grip fingertip. Dans tous les autres cas, difficile de trouver mieux fourni pour 30 €.

Jean Idereon est un passionné d’informatique et de technologies émergentes, fort de plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des tests produits et de l’analyse d’outils numériques. Rédacteur, il décrypte l’actualité high-tech et propose des comparatifs rigoureux, des tests approfondis et des guides pratiques destinés aux professionnels comme aux passionnés. Soucieux de fiabilité et de transparence, Jean s’appuie sur des protocoles de test exigeants et une veille technologique permanente pour offrir à ses lecteurs des contenus à forte valeur ajoutée.