Epomaker, jusqu’ici, c’était des claviers. Des switches, des keycaps, des gasket mounts vendus deux fois moins cher que la concurrence. Alors quand la marque a annoncé son premier casque gaming, j’avoue avoir levé un sourcil. Passer du clavier à l’audio, ce n’est pas juste changer de moule plastique.
Le GX1 est vendu 44,99 $ sur le site officiel (49,99 $ hors promo de lancement), et il coche une case que je ne m’attendais pas à voir à ce tarif : il est à dos ouvert. Sur ce segment, tout le monde fait du fermé, parce que c’est moins cher à concevoir et que ça isole. Epomaker a choisi l’inverse, avec des transducteurs de 50 mm, du 7.1 virtuel, trois modes de connexion et une batterie de 2000 mAh. Sur le papier, c’est beaucoup pour le prix.
J’ai reçu le mien en coloris noir et je l’ai porté pendant trois semaines, en jeu bien sûr, mais aussi en télétravail, en visio, en musique et devant des films. Voici ce que ça donne quand on sort de la fiche produit.
Les plus
- Scène sonore large grâce au dos ouvert, rare à ce prix
- Triple connectivité 2.4 GHz, Bluetooth et filaire
- Autonomie très confortable, une semaine sans y penser
- Coussinets épais et moelleux, port prolongé sans douleur
- Micro-perche détachable nettement au-dessus du micro intégré
- Molette de volume physique, un vrai confort d’usage
- Trois profils sonores accessibles sans logiciel
Les moins
- Fuites sonores importantes, inutilisable en open space
- Volumineux et chauffant après deux heures
- Pas de multipoint Bluetooth
- Aucune commande piste suivante ou précédente
- Éclairage RGB limité à un seul effet
- Ni pliable, ni pivotant, et livré sans housse
- Le dongle reste actif même casque éteint
Fiche technique du casque EPOMAKER GX1
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Type | Circum-auriculaire, dos ouvert |
| Transducteurs | Dynamiques 50 mm |
| Réponse en fréquence | 20 Hz à 20 kHz |
| Distorsion (THD) | Inférieure à 3 % |
| Équilibre des canaux | Écart inférieur à 5 dB |
| Surround | 7.1 virtuel |
| Connectivité | 2.4 GHz (dongle USB-A / USB-C), Bluetooth, filaire USB-C vers jack 3,5 mm |
| Latence annoncée | 25 ms en 2.4 GHz, 34 à 200 ms en Bluetooth |
| Microphones | Micro intégré + perche détachable avec ENC |
| Batterie | 2000 mAh |
| Autonomie annoncée | 30 h avec RGB, 70 h sans RGB |
| Temps de charge | Environ 3 h 20 |
| Arceau | Réglable sur 7 crans |
| Poids | 320 g |
| Coloris | Noir, blanc, rose |
| Prix | 44,99 $ (49,99 $ tarif normal) |
Deux lignes de ce tableau méritent qu’on s’y arrête. La première, c’est l’équilibre des canaux annoncé sous les 5 dB. Aucun fabricant de casque à 50 $ ne communique habituellement cette donnée, et pourtant elle compte directement dans la précision de la localisation en jeu. La seconde, c’est l’écart entre 30 et 70 heures d’autonomie. Ce n’est pas du marketing tordu : la différence vient uniquement du RGB. Éteignez les LED et la batterie tient plus du double.
Le reste tient de la fiche solide sans esbroufe. Des transducteurs de 50 mm, c’est la taille classique du gaming, et le 7.1 reste du traitement logiciel, pas huit haut-parleurs miniatures logés dans chaque coque.
Design et qualité de fabrication

La boîte est sobre et le contenu va à l’essentiel : le casque, le micro-perche détachable, un câble USB-C vers jack 3,5 mm de 1,5 m, un câble USB-A vers USB-C pour la charge, le dongle 2.4 GHz et un manuel multilingue. Pas de housse, pas de pochette. Pour un casque qu’on ne peut ni plier ni faire pivoter, c’est un peu dommage si vous comptiez l’emmener quelque part.

Première prise en main, et c’est la matière des coussinets qui frappe. Ce simili-cuir est d’une douceur presque poudreuse, du genre qu’on n’associe pas à un produit de cette gamme. L’arceau est lui aussi bien rembourré, avec un gros logo EPOMAKER embossé sur le dessus. À l’intérieur des coques, le tissu est doux et les marquages R et L sont larges et lisibles, détail bête mais appréciable quand on attrape le casque dans le noir.
Le châssis est très majoritairement en plastique, avec une structure renforcée. Ça ne fait pas cheap pour autant. En le tordant volontairement, je le trouve plus souple et moins cassant que certains casques que j’ai eus entre les mains, tout en gardant une bonne rigidité. La finition laquée et électroplaquée du coloris noir résiste bien aux traces de doigts, ce qui n’est pas gagné d’avance sur du noir brillant.

Les coques arborent une grille ouverte avec le RGB derrière. Visuellement ça fonctionne bien, ça donne au GX1 son identité gaming sans tomber dans le sapin de Noël. Elles s’inclinent vers le haut et vers le bas mais ne pivotent pas latéralement, et le casque ne se replie pas. C’est un produit de bureau, assumé comme tel.
Un mot sur le dongle, parce que la conception est maligne. Le récepteur, c’est la petite partie USB-C. La portion USB-A n’est qu’un adaptateur qui vient s’emboîter dessus. Vous choisissez donc le port selon la machine, et sur un portable ça libère un connecteur. Bien vu.
Reste que le GX1 est un gros casque. On est plus proche des gabarits type Razer BlackShark que d’un modèle nomade fin. À 320 g, il pèse une cinquantaine de grammes de plus que la plupart des casques Bluetooth de voyage. Cette masse se voit, mais elle sert aussi à quelque chose, on y revient tout de suite.

À l’usage : confort, jeu et écoute
Le confort sur la durée

C’est probablement le point où EPOMAKER a le mieux travaillé. J’ai enchaîné une journée de travail complète avec le GX1 sur la tête, visios comprises, puis une soirée de jeu derrière, et je n’ai eu mal ni aux oreilles ni au sommet du crâne. La mousse à mémoire de forme et l’épaisseur des coussinets absorbent bien la pression, et la pince de l’arceau est correctement dosée. Je porte des lunettes, et les branches ne créent pas ce point de compression désagréable derrière l’oreille.
Deux réserves quand même. Les coques sont un peu justes en diamètre. Mes oreilles rentrent, mais si vous avez de grandes oreilles, elles risquent de venir toucher le bord du coussinet. Et le simili-cuir chauffe. Après deux heures dans une pièce non climatisée en plein été, on transpire. C’est le prix du confort moelleux.
Dernier détail : le casque bouge si vous tournez brusquement la tête sur le côté. En jeu ou au bureau, aucun souci. Pour du sport, oubliez.
Le son en jeu

Le GX1 propose trois profils que l’on fait défiler avec le bouton supérieur de la coque gauche : musique, film et 7.1. En jeu, j’utilise le 7.1 quasi systématiquement. Il rabote nettement les basses et remonte le médium et l’aigu, ce qui n’est pas flatteur en écoute pure mais qui rend les bruits de pas et les rechargements beaucoup plus détachés du reste du mix.
Combiné au dos ouvert, le résultat est vraiment convaincant sur ce segment de prix. L’espace sonore est plus large que sur un casque fermé équivalent, et surtout la profondeur est mieux rendue. Sur un FPS, je repère plus facilement si quelqu’un arrive dans mon dos ou sur ma gauche en diagonale. Ce n’est pas magique, on reste sur du surround virtuel appliqué à deux transducteurs, mais l’information de position devient exploitable plutôt que décorative.
Le revers de la médaille est direct : ça fuit. Beaucoup. Quelqu’un assis à deux mètres de vous entend ce que vous écoutez dès que le volume monte un peu. Si vous jouez dans une pièce partagée, ou si vous prenez des appels professionnels en open space, ce casque n’est pas fait pour vous. Il faut vraiment intégrer ce paramètre avant d’acheter, parce que c’est structurel et qu’aucune mise à jour ne le corrigera.

Musique et films
Le profil musique est mon préféré en dehors du jeu. Il donne les basses les plus généreuses des trois, avec un rendu énergique qui fonctionne très bien sur de la pop, de l’électro et du hip-hop. Ce n’est pas un casque neutre et ce n’est pas l’objectif. Le profil film, lui, met davantage la voix en avant tout en gardant du corps dans le bas du spectre, et c’est celui que j’utilise pour les séries. Les dialogues passent nettement mieux.
À volume élevé, le son reste propre. Je n’ai pas noté de saturation dans l’aigu ni de bouillie dans le grave, ce qui arrive assez vite sur les casques à 30 ou 40 €. Les 50 mm ont visiblement de la réserve.
Les commandes
Tout est concentré sur la coque gauche, à l’exception du sélecteur Bluetooth / 2.4 GHz qui se trouve à droite. Ma préférée, et de loin, c’est la molette de volume. On la trouve du bout des doigts sans réfléchir, on ajuste au demi-cran, et on ne revient plus jamais volontiers à des boutons. Viennent ensuite le bouton de profil sonore (double pression pour couper le RGB), le mute micro et le bouton d’alimentation qui gère aussi lecture, pause et prise d’appel.
Il manque des choses. Aucune commande piste suivante ou précédente, aucun raccourci vers l’assistant vocal du téléphone. Sur un casque de 2026, même à 45 $, c’est une absence qui surprend. Et l’éclairage se limite à un unique effet, ni personnalisable ni très original.
Les deux micros
Sans la perche, le micro intégré fonctionne, mais la voix sonne lointaine, exactement comme sur des écouteurs true wireless. Ça dépanne pour un appel rapide sur le téléphone, pas plus.
Avec la perche montée, on change de catégorie. La voix devient plus claire, plus présente, plus naturelle, et la bonnette en mousse fournie limite bien les plosives. Mes collègues en visio n’ont rien eu à redire pendant trois semaines. L’ENC, elle, fait un travail correct sans être exceptionnelle : elle gomme bien le bruit de fond régulier comme un ventilateur ou le cliquetis d’un clavier, mais elle se fait déborder par le vent et par les sons aigus et secs.
Logiciel et personnalisation
EPOMAKER propose un pilote officiel pour Windows et macOS, téléchargeable depuis la page produit. C’est un pilote, pas une véritable application compagnon à la Razer Synapse ou Logitech G Hub. On ne parle donc ni d’égaliseur paramétrique, ni de profils RGB personnalisés, ni de macros.
Est-ce gênant ? Honnêtement, pas tant que ça. Les trois profils sonores et le mute micro sont accessibles directement sur la coque, et je n’ai pratiquement pas ouvert le pilote de tout mon test. C’est même un point positif si vous détestez empiler les utilitaires au démarrage de Windows. En revanche, si vous aimez sculpter votre courbe de réponse au dB près, passez votre chemin, ce casque ne vous laissera pas faire.
Autonomie et connectivité sans fil
EPOMAKER annonce environ 30 heures avec le RGB allumé et jusqu’à 70 heures une fois l’éclairage coupé. Dans mon usage, par sessions de trois à quatre heures avec des périodes d’inactivité, j’ai tenu une bonne semaine entre deux charges. Je rebranchais généralement autour de 15 % restants, au bout de sept ou huit jours. La recharge prenait environ 2 h 30 dans ces conditions, sous les 3 h 20 annoncées puisque je ne partais jamais de zéro. Et on peut jouer en charge, ce qui évite les coupures en pleine partie.
Un petit défaut sur ce chapitre : la LED de charge reste rouge en permanence. Le manuel indique qu’elle doit virer au vert une fois la batterie pleine, ce qui n’arrive jamais chez moi. Rien de bloquant, mais on aimerait un indicateur fiable.
Côté liaison, le 2.4 GHz est stable et je n’ai perçu aucune latence, ni en jeu ni sur des vidéos. Les 25 ms annoncés se tiennent. Le Bluetooth m’a impressionné en portée, avec une trentaine de mètres et plusieurs murs avant décrochage. En revanche, pas de multipoint : impossible de rester connecté au PC et au téléphone en même temps, il faut choisir.
Deux limites à connaître. Le dongle reste actif même quand le casque est éteint, donc il faut penser à le débrancher. Et le mode filaire est particulier : avec le câble jack, le casque ne peut pas être allumé, ce qui désactive toutes les commandes physiques. Le volume et la lecture se pilotent alors uniquement depuis la source. J’ai également tenté le dongle sur un téléviseur, sans succès, il n’a pas été reconnu comme périphérique audio.
Rapport qualité-prix face à la concurrence
À 44,99 $, le GX1 se retrouve face au Redragon H848 Pro, qui propose la même triple connectivité pour un tarif voisin. Le Redragon est spectaculairement plus léger, autour de 178 g, mais l’EPOMAKER lui oppose des transducteurs de 50 mm et une batterie bien plus grosse. Si vous êtes sensible au poids sur la tête, la question mérite d’être posée. Si vous cherchez du son et de l’endurance, le GX1 prend l’avantage.
Face au Logitech G335, filaire et sans batterie, le GX1 offre tout simplement beaucoup plus pour le même budget. Le HyperX Cloud Stinger 2 Wireless, souvent trouvé autour de 60 à 70 €, propose une meilleure isolation puisqu’il est fermé, mais une scène sonore plus étroite et un micro à peine meilleur.
Le vrai arbitrage n’est pas tellement une question de marque. Il porte sur le dos ouvert. Si vous jouez seul dans un bureau fermé, vous gagnez une spatialisation et une aération que personne d’autre ne vous donnera à ce prix. Si vous partagez la pièce, vous héritez d’un défaut permanent. Tout se joue là.
Verdict : un premier essai réussi pour EPOMAKER
Pour un premier casque, EPOMAKER s’en sort nettement mieux que ce que je craignais. Le GX1 empile des choses qu’on ne voit pas souvent sous les 50 $ : trois modes de connexion dont un 2.4 GHz réellement sans latence perceptible, un double micro dont une perche détachable convaincante, trois profils sonores utilisables sans logiciel, une grosse batterie et surtout des coussinets qui permettent de tenir une journée entière sans souffrir. Le tout dans une fabrication plastique honnête qui ne donne jamais l’impression de tenir un jouet.
Les compromis sont réels et il faut les regarder en face. C’est encombrant, ça chauffe, ça fuit énormément, il n’y a ni multipoint, ni housse, ni contrôle des pistes, et l’éclairage se limite au strict minimum. Aucun de ces points n’est rédhibitoire pris isolément, mais ensemble ils dessinent clairement le profil du produit.
Le GX1 est fait pour vous si vous jouez majoritairement seul, dans une pièce à vous, sur PC ou console, et que vous voulez un casque polyvalent capable d’enchaîner ranked, télétravail et Netflix sans recharger tous les deux jours. Il n’est pas fait pour vous si vous partagez votre espace, si vous cherchez un casque à emmener partout, ou si vous tenez absolument à une application de personnalisation complète. Dans le premier cas, à ce tarif, je le recommande sans hésiter.

Jean Idereon est un passionné d’informatique et de technologies émergentes, fort de plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des tests produits et de l’analyse d’outils numériques. Rédacteur, il décrypte l’actualité high-tech et propose des comparatifs rigoureux, des tests approfondis et des guides pratiques destinés aux professionnels comme aux passionnés. Soucieux de fiabilité et de transparence, Jean s’appuie sur des protocoles de test exigeants et une veille technologique permanente pour offrir à ses lecteurs des contenus à forte valeur ajoutée.