Test EPOMAKER RT100 Pro : le rétro moderne qui en a sous le capot

EPOMAKER aime bien surprendre. Après le TH108 et sa batterie monstrueuse, la marque revient avec le RT100 Pro, un clavier qui joue sur un tout autre registre. Ici, on ne cherche pas à caser le maximum de fonctionnalités dans un boîtier passe-partout. On assume un design rétro inspiré des claviers des années 80, avec ses bordures arrondies et ses couleurs pastels, tout en bourrant l’intérieur de technologies bien actuelles : écran TFT amovible de 1,54 pouce, molette physique programmable, gasket mount avec amortissement multicouche, triple connectivité et switches silencieux. Le tout dans un format 1800 compact qui conserve le pavé numérique sans prendre autant de place qu’un full size classique.

J’ai reçu le RT100 Pro en version blanche avec des switches Sea Salt Silent V2. Autant le dire tout de suite : le silence de ce clavier m’a bluffé dès les premières minutes. Mais est-ce que le reste du package tient la route ? Après plusieurs semaines d’utilisation, voici mon verdict complet.

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Prix constaté

119,99$

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Les plus

  • Switches Sea Salt Silent V2 d’un silence remarquable
  • Design rétro élégant qui sort du lot
  • Écran TFT amovible et remplaçable par 4 touches
  • Molette physique pratique et programmable
  • Format 1800 compact avec pavé numérique
  • Gasket mount et amortissement 5 couches convaincants
  • Dongle 2.4 GHz rangé sous une trappe aimantée astucieuse
  • Keycaps PBT dye-sub de qualité

Les moins

  • Aucun pied ajustable pour modifier l’inclinaison
  • Prix plus élevé que le TH108 (environ 120 $)
  • Batterie 5000 mAh correcte mais pas exceptionnelle
  • Logiciel EPOMAKER toujours aussi basique

Fiche technique de l’EPOMAKER RT100 Pro

EPOMAKER RT100 Pro
CaractéristiqueDétail
Format1800 compact (layout 96 %), ~97 touches
SwitchesEPOMAKER Sea Salt Silent V2 ou Creamy Jade (linéaires, pré-lubrifiés)
Hot-swapOui, sockets Kailh, compatible 5 pins
KeycapsPBT dye-sublimation, profil MDA
MontageGasket mount
Amortissement5 couches (mousse PORON, silicone, IXPE, PET, mousse socket)
ÉcranTFT 1,54 pouces amovible (GIF, horloge, batterie), remplaçable par 4 touches
MolettePhysique, programmable (volume par défaut)
ConnectivitéUSB-C filaire, Bluetooth 5.0 (jusqu’à 3 appareils), 2.4 GHz
Batterie5000 mAh
Anti-ghostingN-Key Rollover (NKRO)
CompatibilitéWindows / macOS / iOS / Android
RétroéclairageRGB par touche, south-facing, 16+ effets
Poids~1,3 kg
LogicielEPOMAKER Driver (Windows + macOS)
Prix115,99 $ (Creamy Jade) / 119,99 $ (Sea Salt Silent V2)

Ce qui saute aux yeux dans cette fiche, c’est la densité de fonctionnalités pour un clavier à ce prix. Écran TFT amovible, molette physique, gasket mount 5 couches, triple connectivité, keycaps PBT dye-sub en profil MDA. On est un cran au-dessus du TH108 en termes de features, et le tarif reste contenu autour de 120 $.

Le profil MDA est aussi un choix intéressant : plus sphérique et sculptural que le Cherry, il donne un toucher différent et s’inscrit parfaitement dans l’esthétique rétro du clavier.

Design rétro et qualité de fabrication

Commençons par ce qui frappe en premier : ce clavier a du caractère. Là où la majorité des claviers mécaniques modernes jouent la carte du minimalisme noir ou blanc épuré, le RT100 Pro assume pleinement son inspiration vintage. Les bordures arrondies, le coloris blanc cassé mêlé de vert sauge sur certaines touches (Échap, Entrée, pavé numérique), et la finition brillante du boîtier ABS donnent un cachet unique. Ce n’est pas un clavier qui se fond dans le décor. Il le domine.

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La boîte s’ouvre sur le clavier protégé avec la mention « Accessories Are Underneath! » qu’on retrouve chez EPOMAKER. En dessous, un contenu de boîte généreux : câble USB-C tressé, extracteur de keycaps, switches de rechange (5 switches Sea Salt Silent V2), des keycaps macOS de remplacement (Cmd, Ctrl, etc.), le dongle 2.4 GHz déjà logé dans le clavier, et le module écran déjà installé. EPOMAKER ne lésine pas sur les accessoires, et c’est appréciable.

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En main, le RT100 Pro inspire confiance. Ses 1,3 kg lui confèrent une stabilité sans faille sur le bureau. Le boîtier est en plastique ABS avec une finition brillante qui donne un effet rétro plutôt réussi, même si elle attire un peu les traces de doigts. La construction est dense, rigide, sans flex perceptible.

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Un détail que j’ai trouvé particulièrement astucieux : le rangement du dongle 2.4 GHz sous le clavier. Au lieu d’un simple compartiment à clipser sous un pied (comme sur le TH108), EPOMAKER a opté pour une trappe aimantée. On appuie, le cache s’ouvre, on récupère le dongle. C’est propre, élégant, et on ne risque pas de perdre le récepteur.

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En revanche, un point m’a déçu. Le RT100 Pro n’a aucun pied ajustable. Le clavier repose à plat sur quatre patins en caoutchouc, et c’est tout. Impossible de relever l’arrière pour ajuster l’angle de frappe. Pour quelqu’un comme moi qui préfère une légère inclinaison, c’est frustrant. D’autant que la version non-Pro du RT100 proposait justement des pieds à deux positions. Difficile de comprendre pourquoi EPOMAKER les a retirés sur la version Pro.

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L’écran TFT et la molette : les vrais atouts du RT100 Pro

L’écran TFT de 1,54 pouce est l’élément le plus distinctif du RT100 Pro. Positionné en haut à droite du clavier, entre les touches de fonction et le pavé numérique, il affiche par défaut l’heure, le niveau de batterie et le mode de connexion actif. C’est lisible, pratique, et ça donne un petit côté « tableau de bord » au clavier qui ne manque pas de charme.

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Mais le plus intéressant, c’est que cet écran est un module amovible. On le soulève, et on peut le remplacer par un set de 4 touches programmables (fournies avec le clavier en keycaps macOS). C’est un concept malin : ceux qui préfèrent des raccourcis physiques aux animations GIF peuvent basculer en quelques secondes. Via le logiciel EPOMAKER, on peut uploader ses propres GIF ou images sur l’écran, ce qui ouvre pas mal de possibilités de personnalisation. En pratique, l’écran n’est pas indispensable au quotidien, mais il ajoute une touche de personnalité que peu de concurrents proposent à ce prix.

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La molette, située juste à côté de l’écran sur le flanc droit, contrôle le volume par défaut. Elle est solide, bien crantée, agréable à manipuler. Un clic dessus met en pause la lecture en cours. C’est le genre de fonctionnalité qu’on trouve sur des claviers bien plus chers (Keychron Q series, par exemple), et qui se révèle vite indispensable une fois qu’on y a goûté. Les trois touches médias dédiées juste au-dessus (précédent, play/pause, suivant) complètent parfaitement l’ensemble.

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Expérience de frappe avec les Sea Salt Silent V2

C’est là que le RT100 Pro m’a le plus impressionné. Les switches Sea Salt Silent V2 sont d’un silence remarquable. On est vraiment sur un niveau de discrétion que je n’avais pas encore rencontré sur un clavier mécanique à ce prix. La frappe est douce, linéaire, avec une course amortie qui absorbe à la fois le bruit et l’impact au fond de course. Pas de « clack », pas de « thock ». Juste un « poof » sourd, presque feutré.

Pour quelqu’un qui travaille en open space, qui tape la nuit à côté de quelqu’un qui dort, ou qui passe des appels en visio toute la journée, c’est un argument de poids. J’ai pu rédiger des articles pendant des heures sans que le bruit du clavier ne devienne un problème. Ce n’est pas un clavier pour les amateurs de sonorités « thocky » assumées, mais pour ceux qui veulent le confort mécanique sans le bruit, c’est exactement le bon choix.

Le gasket mount et les 5 couches d’amortissement (PORON, silicone, IXPE, PET, mousse socket) font leur travail. La frappe est souple, sans résonance dans le boîtier, sans vibration parasite. Les stabilisateurs ne rattlent pas. On retrouve le niveau de finition qu’EPOMAKER propose désormais de manière assez systématique sur ses claviers récents.

Le profil MDA des keycaps change un peu les habitudes si on vient du Cherry. Les touches sont plus sphériques, légèrement plus hautes, avec un angle qui suit la courbure naturelle des doigts. C’est agréable. La texture PBT dye-sub est douce au toucher, résistante, et les légendes ne s’effaceront pas avec le temps.

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Logiciel et personnalisation du RT100 Pro

Le logiciel EPOMAKER est disponible en version desktop pour Windows et macOS. On y retrouve les fonctions habituelles : remapping des touches, création de macros, personnalisation des effets RGB touche par touche, et surtout la gestion de l’écran TFT (upload de GIF, choix des informations affichées). C’est fonctionnel.

Mais le logiciel reste le point faible récurrent d’EPOMAKER. L’interface est datée, pas toujours intuitive, et certains testeurs rapportent des difficultés de détection en sans-fil (la connexion filaire est requise pour configurer). On est loin de la fluidité de VIA ou du logiciel Keychron. La bonne nouvelle, c’est que le clavier fonctionne très bien sans logiciel pour l’essentiel des fonctions : le RGB, la molette et les touches médias sont opérationnels dès la sortie de la boîte.

Autonomie et connectivité

La batterie de 5000 mAh est correcte sans être exceptionnelle. C’est moins que les 8000 mAh du TH108, mais le RT100 Pro a aussi un écran TFT à alimenter. En usage quotidien avec le RGB modéré et l’écran actif, j’ai tenu environ 3 à 4 jours avant de devoir recharger. Avec le rétroéclairage éteint et l’écran désactivé, on peut largement dépasser la semaine. C’est honnête pour cette gamme de prix, sans plus.

La triple connectivité (USB-C, Bluetooth 5.0, 2.4 GHz) fonctionne sans accroc. Le Bluetooth permet de mémoriser jusqu’à 3 appareils, plus le 2.4 GHz et le filaire, soit 5 appareils au total. Le basculement est rapide. J’ai utilisé le clavier en Bluetooth sur un Mac et en 2.4 GHz sur mon PC sans rencontrer de déconnexion ou de latence notable. Le switch ON/OFF à l’arrière est sobre et efficace.

Face à la concurrence : positionnement du RT100 Pro

À environ 120 $, le RT100 Pro est plus cher que le TH108 (environ 90 $) mais joue dans une catégorie différente. L’écran TFT amovible, la molette physique, le format 1800 compact et le design rétro en font un produit à part. Son concurrent le plus direct serait le Keychron Q5 Pro (format 1800 également, QMK/VIA, boîtier aluminium) qui coûte nettement plus cher, autour de 200 $. La différence se joue sur la qualité du boîtier (aluminium vs ABS) et le logiciel (VIA vs EPOMAKER Driver). Mais le RT100 Pro offre l’écran et la molette, que le Keychron n’a pas.

Pour ceux qui cherchent un clavier silencieux avec du caractère visuel et un bon niveau de fonctionnalités sans franchir la barre des 150 $, le RT100 Pro occupe un créneau assez unique. Il n’a pas vraiment d’équivalent direct à ce prix.

Verdict du test EPOMAKER RT100 Pro

Le RT100 Pro est un clavier qui a de la personnalité. Son design rétro assumé, son écran TFT amovible et sa molette programmable lui donnent un cachet que la plupart des concurrents n’ont pas. Mais au-delà de l’esthétique, c’est le silence des switches Sea Salt Silent V2 qui m’a le plus convaincu. Ce clavier est d’une discrétion remarquable pour un mécanique, et la qualité de frappe reste au rendez-vous grâce au gasket mount et à l’amortissement multicouche.

Le regret principal concerne l’absence de pieds ajustables, un choix incompréhensible pour un clavier de ce calibre. Le logiciel mériterait aussi un sérieux coup de jeune. Mais à 120 $, le RT100 Pro reste une proposition très convaincante.

Il est fait pour ceux qui veulent un clavier mécanique silencieux, original et fonctionnel pour le bureau ou le télétravail. Si vous cherchez un setup qui a du style sans ressembler à tous les autres, le RT100 Pro est taillé pour ça. En revanche, si vous voulez un clavier gaming pur et dur avec une latence au plancher et des pieds réglables, orientez-vous plutôt vers le TH108 ou un Keychron classique.

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