Test du Clavier Epomaker TH108

Le full size a longtemps été le parent pauvre du clavier mécanique custom. Pendant que les formats 75 % et 65 % captaient toute la lumière avec leurs structures gasket mount, leurs switches pré-lubrifiés et leur RGB par touche, les modèles à pavé numérique restaient cantonnés aux gammes d’entrée. Montage tray basique, stabilisateurs qui claquent, finitions oubliables. EPOMAKER semble avoir décidé de rééquilibrer les choses avec le TH108.

Ce clavier 108 touches embarque tout ce qu’on attend d’un custom moderne : structure gasket, 5 couches d’amortissement acoustique, hot-swap, triple connectivité et une batterie de 8000 mAh. Le tout pour moins de 90 €. Sur le papier, c’est presque trop beau. J’ai passé plusieurs semaines avec ce clavier, en bureautique intensive comme en gaming occasionnel, pour voir si EPOMAKER tenait réellement ses promesses à ce tarif.

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Prix constaté

89,99$

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Les plus

  • Son et toucher remarquables grâce au gasket mount 5 couches
  • Switches Creamy Jade doux, fluides et bien lubrifiés d’usine
  • Stabilisateurs sans rattle, aucun modding nécessaire
  • Batterie 8000 mAh : autonomie exceptionnelle pour un sans-fil
  • Triple connectivité fiable (USB-C, 2.4 GHz, Bluetooth)
  • Hot-swap 5 pins south-facing pour changer de switches librement
  • Keycaps PBT double-shot de bonne facture
  • RGB convaincant et pilotable sans logiciel

Les moins

  • Boîtier ABS solide mais visuellement pas premium
  • Logiciel basique et parfois détecté comme virus sous Windows
  • Clavier quasi impossible à ouvrir pour modder l’intérieur
  • LEDs indicatrices (Caps Lock, etc.) qui bavent sur les touches voisines
  • Pas de repose-poignet inclus

Fiche technique de l’EPOMAKER TH108

CaractéristiqueDétail
FormatFull size, 108 touches (100 %)
SwitchesEPOMAKER Creamy Jade (linéaire, pré-lubrifié) ou Sea Salt Silent
Hot-swapOui, compatible switches 3-pin et 5-pin
KeycapsPBT double-shot, profil Cherry
MontageGasket mount avec plaque PC flex-cut
Amortissement5 couches (mousse PORON sandwich, pad IXPE, PET, mousse socket PORON, silicone)
ConnectivitéUSB-C filaire, Bluetooth (3 appareils), 2.4 GHz (dongle inclus)
Latence2 ms (filaire), 5 ms (2.4 GHz), ~11 ms (Bluetooth)
Polling rate1000 Hz (filaire et 2.4 GHz)
Batterie8000 mAh
Autonomie annoncée~28 h (RGB activé), ~160 h (RGB désactivé)
RétroéclairageRGB par touche + barre latérale, 20+ effets
Anti-ghostingN-Key Rollover (NKRO)
CompatibilitéWindows / macOS (switch physique Mac/Win)
StabilisateursPlate-mounted, pré-lubrifiés
Pieds2 niveaux d’inclinaison + position à plat
Poids~1,2 kg
LogicielEPOMAKER Driver (offline) + driver en ligne
Prix~89 € / ~69 £

La fiche technique du TH108 a de quoi interpeller. On retrouve des caractéristiques qu’on croise habituellement sur des claviers deux fois plus chers, à commencer par le montage gasket avec plaque PC flex-cut et les 5 couches de matériaux d’amortissement incluant de la mousse PORON. Le choix entre les switches Creamy Jade et les Sea Salt Silent directement à la commande est aussi un vrai plus. Quant à la batterie de 8000 mAh, c’est tout simplement le double de ce qu’on trouve sur la plupart des concurrents.

Design et qualité de fabrication du TH108

La boîte arrive sobre, bien calée, sans chichis. À l’intérieur, le clavier est protégé dans une coque plastique transparente avec la mention « Accessories Are Underneath! » imprimée sur le rabat. Un petit détail appréciable qui évite de jeter les accessoires avec l’emballage. Sous le clavier, on trouve un câble USB-C vers USB-A tressé blanc de bonne qualité, un extracteur double fonction (keycaps + switches), deux switches de rechange et un petit manuel multilingue.

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L’essentiel est là. Rien de superflu.

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Première prise en main : on sent le poids. Avec ses 1,2 kg, le TH108 ne bouge pas d’un millimètre une fois posé sur le bureau, même quand on tape un peu fort. Le boîtier est entièrement en plastique ABS, et je sais que ça peut faire tiquer certains. Mais honnêtement, il n’a rien à voir avec les boîtiers cheap qu’on croise sur des claviers à 30 €. Le plastique est épais, rigide, et je n’ai détecté aucun flex en appuyant au centre du châssis. Les lignes géométriques en relief sur les flancs et la face arrière donnent un cachet visuel plutôt réussi. Ce n’est pas de l’aluminium, certes. Mais on ne se sent jamais en présence d’un produit bas de gamme.

Le coloris que j’ai reçu mélange blanc, beige clair et bleu grisé. Les keycaps PBT double-shot alternent entre ces teintes selon les zones du clavier, ce qui donne un rendu doux et cohérent qui change des traditionnels noir intégral ou blanc monochrome. La texture est légèrement granuleuse au toucher. Agréable, et ça limite les traces de doigts.

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À l’arrière, la conception est bien pensée. Un switch physique Mac/Win d’un côté, un sélecteur de mode 2.4G / USB / BT de l’autre, avec le port USB-C au centre. Tout est regroupé sur la tranche arrière, bien aligné. Les curseurs sont assez fermes pour ne pas bouger accidentellement. Le dongle 2.4 GHz se range dans un compartiment dédié sous l’un des pieds, ce qui évite de le perdre. Les pieds à deux positions permettent trois angles de frappe différents, et j’ai trouvé la position intermédiaire la plus confortable pour de longues sessions.

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Expérience de frappe au quotidien

C’est la partie qui m’intéressait le plus. Et c’est aussi là que le TH108 fait sa plus forte impression.

Dès les premières frappes, on sent que ce n’est pas un clavier ordinaire à ce prix. Les switches Creamy Jade que j’avais sur mon exemplaire sont des linéaires avec une force d’actuation d’environ 45 gf et un bottom-out à 50 gf. En pratique, ça donne une frappe douce, fluide, sans aucun point d’accroche. Exactement ce qu’on attend d’un bon linéaire. Le pré-lubrifiant d’usine fait bien son travail : pas de scratchiness, pas de bruit parasite sur les tiges des switches. Pour ceux qui hésitent entre les deux options, les Creamy Jade sont orientés confort polyvalent tandis que les Sea Salt Silent conviendront mieux à un environnement de bureau partagé où le silence est de mise.

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Mais ce qui impressionne le plus, c’est le rendu sonore d’ensemble. La combinaison du gasket mount, de la plaque PC flex-cut et des 5 couches d’amortissement produit un son grave, sourd, que les anglophones qualifient de « thocky ». Pas de creux. Pas de ping métallique. Pas de résonance dans le boîtier. J’ai déjà testé des claviers à 150 ou 200 € qui ne faisaient pas aussi bien sur ce point. Les stabilisateurs sont pré-lubrifiés d’usine et ne présentent aucun rattle sur les grandes touches (espace, shift, entrée, backspace). C’est rare à ce niveau de prix.

En bureautique intensive, que ce soit de la rédaction d’articles, des tableurs ou de la gestion de mails, le confort est au rendez-vous. Les keycaps PBT ne glissent pas, la course des touches est bien calibrée avec ses 2 mm de pré-course et 3,6 mm de course totale, et le full size avec son pavé numérique reprend tout son sens quand on passe du temps dans Excel. Après plusieurs heures de frappe continue, aucune fatigue particulière à signaler.

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Côté gaming, le N-Key Rollover fait son travail : toutes les touches sont enregistrées simultanément, même en cas de combinaisons rapides. La latence annoncée de 2 ms en filaire et 5 ms en 2.4 GHz est difficilement perceptible en pratique. Aucun lag, aucune touche fantôme. En revanche, le Bluetooth à environ 11 ms est à réserver à la bureautique ou au multimédia. Pour du jeu compétitif, mieux vaut rester en filaire ou en 2.4 GHz.

Rétroéclairage RGB et effets lumineux

Le RGB du TH108 est franchement réussi pour un clavier à ce prix. L’éclairage est par touche, bien diffusé grâce aux keycaps PBT translucides sur la légende, et complété par une barre lumineuse latérale sur le pourtour du clavier. On dispose d’une vingtaine d’effets intégrés (wave, ripple, breathing, cycling, entre autres), tous pilotables directement au clavier via des combinaisons Fn. Pas besoin d’installer le moindre logiciel pour en profiter.

Les couleurs sont vives et bien saturées. Les transitions, fluides. En plein jour, le RGB reste visible sans être criard. Dans le noir, l’effet est vraiment convaincant.

Un petit bémol tout de même. Les LEDs indicatrices de verrouillage (Caps Lock, Num Lock) sont placées en haut à gauche, à côté de la touche Échap, et leur lumière déborde légèrement sur les touches voisines. Ce n’est pas rédhibitoire, mais quand le RGB est éteint et que seul le Caps Lock est allumé, l’effet est un peu disgracieux. Un défaut mineur, qui aurait pu être évité avec un positionnement différent des LEDs ou un diffuseur plus directionnel.

Logiciel EPOMAKER et personnalisation

EPOMAKER propose deux options pour configurer le TH108 : un driver hors-ligne téléchargeable sur leur site, et un driver en ligne accessible via navigateur Chrome. Sur le papier, c’est plutôt bien pensé. Le driver en ligne a l’avantage de fonctionner aussi sur macOS, contrairement au driver offline qui est réservé à Windows.

En pratique, c’est un peu plus compliqué. Plusieurs testeurs anglophones ont rapporté que le driver offline est détecté comme un virus par Windows 11, ce qui n’inspire pas confiance même s’il s’agit probablement d’un faux positif lié à l’absence de signature numérique. Quand le logiciel fonctionne, il permet de remapper les touches, créer des macros, ajuster les effets RGB touche par touche et modifier les profils. C’est fonctionnel. Mais l’interface reste assez basique et datée comparée à ce que propose VIA ou le logiciel de Keychron.

La bonne nouvelle ? Le TH108 est parfaitement utilisable sans aucun logiciel. Toutes les fonctions essentielles, du changement d’effet RGB à l’ajustement de luminosité en passant par le changement de mode de connexion, sont accessibles directement au clavier via les raccourcis Fn. Pour la majorité des utilisateurs, ça suffit largement.

Autonomie et modes de connexion

La batterie de 8000 mAh est clairement l’un des arguments massue du TH108. Quand la plupart des claviers sans fil du marché embarquent entre 3000 et 5000 mAh, EPOMAKER a fait le choix d’aller bien au-delà, quitte à augmenter un peu le poids.

En pratique, les chiffres annoncés sont cohérents. Avec le RGB allumé en mode normal, j’ai facilement dépassé les 25 heures d’utilisation effective avant de devoir recharger. Avec le rétroéclairage éteint, on parle de plusieurs semaines d’utilisation quotidienne. C’est le genre d’autonomie qui change la donne. On oublie littéralement que le câble de charge existe.

Le passage d’un mode de connexion à l’autre est simple grâce au switch physique sur la tranche arrière. Le Bluetooth supporte jusqu’à trois appareils simultanés (Fn+Q, Fn+W, Fn+E pour basculer entre eux), le 2.4 GHz offre la meilleure latence en sans-fil, et le filaire USB-C reste l’option la plus fiable pour le gaming. J’ai alterné entre les trois modes sans rencontrer de déconnexion ou de lag notable. L’appairage Bluetooth initial prend quelques secondes. La reconnexion ensuite est quasi instantanée.

Face à la concurrence : rapport qualité-prix du TH108

À environ 89 €, l’EPOMAKER TH108 joue dans une cour très particulière. Son concurrent le plus direct est probablement le Keychron C3 Pro ou le Keychron K10 Pro en version full size, qui offrent une qualité de construction légèrement supérieure (boîtier plus rigide, logiciel VIA natif) pour un prix souvent autour de 100 à 120 €. La différence se joue essentiellement sur la qualité du boîtier et sur l’écosystème logiciel. Keychron a une longueur d’avance avec VIA, pas de doute là-dessus.

Mais le TH108 a des arguments que ses concurrents n’ont pas à ce tarif. La batterie de 8000 mAh est imbattable dans cette gamme de prix. L’amortissement acoustique en 5 couches avec de la mousse PORON produit un son que certains concurrents plus chers n’atteignent pas sans modding. Et le hot-swap avec sockets south-facing compatibles 5 pins ouvre la porte à une personnalisation poussée des switches sans aucune soudure.

Pour un premier clavier custom ou pour quelqu’un qui veut un full size solide et polyvalent sans casser sa tirelire, le rapport qualité-prix est difficile à battre.

Verdict du test EPOMAKER TH108

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L’EPOMAKER TH108 est l’un de ces produits qui forcent à revoir ses attentes sur ce qu’un clavier à moins de 90 € peut offrir. Le gasket mount avec ses 5 couches d’amortissement produit un son et un toucher qu’on n’attendait pas à ce tarif. Les switches Creamy Jade sont doux et bien lubrifiés d’usine. Les stabilisateurs ne rattlent pas. Et la batterie de 8000 mAh fait oublier que le câble de charge existe.

Ce n’est pas un clavier parfait. Le boîtier ABS manque de prestige visuel. Le logiciel reste rudimentaire. Le modding interne est quasi impossible sans risque. Mais à ce prix, il coche tellement de cases qu’il est difficile de lui en vouloir.

Si vous cherchez un clavier mécanique full size complet, polyvalent et agréable à utiliser au quotidien sans dépasser les 90 €, le TH108 est fait pour vous. Les gros utilisateurs de bureautique, les joueurs occasionnels et ceux qui veulent un premier clavier custom sérieux sans se ruiner y trouveront leur compte. En revanche, si vous êtes un moddeur dans l’âme qui veut ouvrir son clavier pour changer les mousses et les stabs, ou si vous ne jurez que par un châssis aluminium, passez votre chemin. Le TH108 n’est pas conçu pour ça, et il ne prétend pas l’être.

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