Test de l’Epomaker Ajazz AK820 Pro

Un clavier 75% gasket-mounted, hot-swap, triple connectivité, avec un petit écran TFT en prime, le tout pour environ 70 €. Sur le papier, l’Epomaker Ajazz AK820 Pro coche tellement de cases qu’on se demande où est l’arnaque. Spoiler : il n’y en a pas vraiment, mais il y a quelques compromis qu’il faut connaître avant de cliquer sur le bouton d’achat.

Ajazz est une marque que je suivais de loin depuis quelques années. Distribuée par Epomaker sur le marché occidental, elle s’est imposée comme un acteur sérieux dans le segment des claviers mécaniques abordables mais soignés. L’AK820 Pro est leur tentative de faire entrer un maximum de fonctionnalités haut de gamme dans un format compact à prix doux. J’ai passé plusieurs semaines avec, en version ISO-FR, et voici ce que j’en retiens.

Test de l'Epomaker Ajazz AK820 Pro 2
Prix constaté

Environ 70 €

Voir le prix

Les plus

  • Triple connectivité fonctionnelle (USB-C, Bluetooth 5.1, 2.4 GHz)
  • Gasket-mount avec flex-cut sur le PCB et la plaque PC, vraiment souple
  • Écran TFT pratique pour l’état de la batterie et la connexion
  • Hot-swap 3/5 pins, totalement modulaire
  • Cinq couches d’isolation acoustique d’origine
  • Disponible en ISO-FR (rare à ce prix)
  • Rapport qualité-prix excellent à environ 70 €

Les moins

  • Boîtier 100 % plastique ABS, pas haut de gamme visuellement
  • Logiciel Ajazz capricieux, reconnaissance du clavier aléatoire
  • Polling rate limité à 125 Hz en Bluetooth
  • Batterie non remplaçable officiellement (mais réparable)
  • Écran TFT minuscule, plus gadget que vraiment utile

Ce qui ressort tout de suite de cette fiche, c’est la densité de fonctionnalités pour le prix demandé. Un gasket-mount avec flex-cut sur le PCB, on trouve ça habituellement sur des claviers à 120 € et plus. Idem pour les keycaps PBT double-shot, qui sont la norme sur le moyen-haut de gamme mais qu’on ne s’attend pas à voir sur un produit sous les 70 €. Le polling rate Bluetooth limité à 125 Hz est par contre un compromis classique du segment, et ça concerne surtout les joueurs compétitifs.

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L’écran TFT est l’élément différenciant le plus visible. C’est un argument marketing fort, on va voir plus loin ce que ça donne réellement à l’usage.

Design et qualité de fabrication

Premier contact avec la boîte : c’est minimaliste. Antoine déballe le carton et trouve le clavier, un câble USB-A vers USB-C tressé, une pince combinée keycap puller et switch puller, le récepteur 2.4 GHz logé dans un compartiment dédié au dos du clavier, et c’est tout. Pas de surprise, pas de petit kit de switches en cadeau ni de couvercle de protection, mais l’essentiel est là.

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En main, le clavier pèse 800 grammes. C’est lourd pour un format 75% entièrement en plastique. La sensation est plutôt rassurante : ça ne fait pas jouet, ça ne flexe pas quand on appuie sur le boîtier. Le coloris gris foncé que j’ai reçu est sobre, presque trop sage. Si tu cherches du flashy, ce n’est pas là qu’il faut regarder.

Le boîtier est en ABS. Pas l’aluminium qu’on trouve sur les claviers plus chers, mais c’est cohérent avec le positionnement tarifaire. Les finitions sont propres, pas de bavures de plastique, pas de jeu visible entre les pièces. Sur la tranche supérieure droite, on trouve un volume knob métallique avec un cliquet bien marqué et un appui par enfoncement. Juste à côté, l’écran TFT de 0,85 pouce. Il est minuscule, vraiment minuscule, et c’est à la fois son charme et sa limite.

Au dos, deux switches physiques permettent de basculer entre les modes de connexion (USB / BT / 2.4G) et entre Windows et macOS. Pratique et bien pensé, on n’a pas à chercher dans des combinaisons de touches obscures. Deux pieds repliables avec deux niveaux d’inclinaison sont aussi présents, équipés de patins antidérapants à chaque coin.

Les keycaps en PBT double-shot sont une vraie bonne surprise. La texture est légèrement granuleuse, agréable au toucher, et les légendes sont nettes. Le profil OEM est classique mais efficace. Sur la version ISO-FR que j’ai testée, la disposition est correcte, avec une touche Entrée en forme de L inversé et toutes les touches accentuées au bon endroit. C’est suffisamment rare à ce prix pour être souligné.

Une frappe qui sait surprendre

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C’est là que ça devient intéressant. J’ai installé l’AK820 Pro à la place de mon clavier habituel pendant trois semaines, en alternance bureautique et gaming léger, et le verdict est sans appel : le gasket-mount fait vraiment son boulot.

Dès les premières frappes, on sent une souplesse dans le retour qui change tout. La plaque PC associée au flex-cut sur le PCB amortit chaque appui sans jamais donner l’impression d’un manque de précision. Ce n’est pas mou, c’est juste cushioned, comme dirait un anglophone. Les switches Ajazz Gift sont des linéaires assez doux (force d’actuation à 45 g, bottom à 60 g), et ils s’accordent parfaitement avec le montage. Le son est mat, profond, sans cliquetis de stabilisateur audible.

Pour la bureautique, j’ai retrouvé un confort que je n’avais plus eu depuis un clavier custom à 200 €. Les longues sessions de rédaction ne fatiguent pas. La hauteur du clavier reste raisonnable malgré les 40 mm annoncés, et le repose-poignets n’est pas indispensable. Ce qui m’a frappé, c’est l’absence quasi totale de fatigue des doigts après plusieurs heures.

Côté gaming, le polling rate de 1000 Hz en filaire et en 2.4 GHz fait son office. Aucune latence perceptible sur des jeux compétitifs comme Counter-Strike 2 ou Valorant. Les switches linéaires sont rapides à actionner, pas trop résistants, et conviennent bien à un usage mixte. Si tu joues principalement à des FPS, ça fait le job sans rougir face à des claviers gaming dédiés plus chers.

Les stabilisateurs montés sur plaque sont d’origine corrects. Pas exceptionnels, mais sans rattle audible sur la barre d’espace ni sur la touche Entrée. Un lubrifiant maison améliorerait probablement encore le rendu, mais en sortie de boîte, c’est déjà très propre.

L’AK820 Pro embarque cinq couches d’isolation acoustique selon Ajazz. J’ai démonté le clavier pour vérifier (c’est facile, quelques vis et c’est ouvert), et effectivement on trouve un sandwich de mousses et de silicones bien pensé. Résultat : le son de frappe est étouffé sans être mort. Ça reste assez « thocky », surtout sur les touches centrales du clavier.

Connectivité triple mode et autonomie

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Trois modes de connexion, et tous fonctionnent. C’est presque banal à dire, mais sur cette gamme de prix, ce n’est pas toujours le cas. L’USB-C filaire est le mode de prédilection si tu cherches le minimum de latence. Le câble fourni est tressé, suffisamment long, et la connexion est solide.

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Le 2.4 GHz via le dongle est le bon compromis pour un poste fixe : 1000 Hz de polling rate, pas de latence perceptible, et le récepteur se range dans le compartiment dédié au dos du clavier quand tu n’en as pas besoin. Le Bluetooth 5.1 est utile pour les usages nomades ou pour basculer entre plusieurs appareils. Les 125 Hz de polling rate sont suffisants pour du travail bureautique mais clairement insuffisants pour du gaming sérieux.

Pour l’autonomie, je ne vais pas mentir : je l’utilise principalement en filaire, comme la plupart des gens qui ont un setup sédentaire. Sur les sessions Bluetooth que j’ai faites, RGB activé à intensité moyenne, j’ai tenu environ une dizaine de jours en usage modéré. Sans RGB, on doit pouvoir grimper à trois semaines facilement. La batterie de 4000 mAh est confortable, et la recharge en USB-C se fait en quelques heures. Bon point : tu peux continuer à utiliser le clavier en filaire pendant qu’il charge.

Petit bémol sur la batterie : Ajazz indique qu’elle n’est pas remplaçable officiellement. Mais en démontant le clavier, j’ai constaté que c’est tout à fait possible avec un peu d’isopropanol et de patience. Pour un produit prévu pour durer, c’est rassurant à savoir.

L’écran TFT, gadget ou vraie valeur ajoutée ?

Parlons franchement de cet écran TFT, parce que c’est l’argument marketing numéro un du clavier. Il fait 0,85 pouce. Autant dire : c’est petit. Très petit.

Sur cet écran, tu peux afficher l’heure, la date, l’état de la batterie, le mode de connexion actif, le système d’exploitation sélectionné (Win ou Mac), et les effets de rétroéclairage. Tu peux aussi y mettre des GIFs personnalisés via le logiciel. Sur le papier, c’est cool. À l’usage, c’est plus mitigé.

L’information la plus utile, c’est l’état de la batterie et le mode de connexion. Voir d’un coup d’œil si tu es en Bluetooth ou en 2.4 GHz, sans avoir à tester, c’est appréciable. L’horloge est sympa mais redondante avec l’horloge de ton OS. Quant aux GIFs personnalisés, c’est mignon une fois, et puis on oublie. La résolution est trop faible pour que ce soit visuellement bluffant.

Là où l’écran devient vraiment intéressant, c’est pour naviguer dans les paramètres du clavier sans toucher au logiciel. En appuyant sur le knob, tu accèdes à un menu qui permet de changer les effets RGB, de régler la luminosité, de basculer entre les modes de connexion, et de modifier d’autres paramètres directement depuis le clavier. C’est pratique et bien implémenté. Combiné au volume knob qui peut aussi servir de molette de navigation, ça fait gagner du temps.

Logiciel Ajazz : la fausse note

Et là, on attaque le point faible du clavier. Le logiciel Ajazz est, disons-le clairement, perfectible. Plusieurs testeurs ont rapporté des problèmes de reconnaissance du clavier par le logiciel, et j’ai pu le constater moi-même. Parfois, le logiciel détecte le clavier, parfois non. Il faut souvent débrancher et rebrancher le câble, ou redémarrer le logiciel, pour qu’il veuille bien fonctionner.

Quand il marche, le logiciel permet de remapper les touches, créer des macros, personnaliser le RGB par touche, et uploader des GIFs personnalisés sur l’écran. Les fonctionnalités sont là, l’interface est honnête sans être brillante, mais cette instabilité est frustrante. Le clavier ne supporte pas VIA ni QMK nativement, donc on est dépendant du logiciel propriétaire pour toute personnalisation poussée.

Heureusement, le clavier fonctionne très bien sans logiciel. Les effets RGB par défaut sont nombreux et se règlent depuis l’écran TFT. Les macros ne sont pas indispensables pour la plupart des usages. Si tu cherches un clavier « plug and play » sans te prendre la tête, l’AK820 Pro fait le job. Si tu veux du remapping avancé et de la personnalisation poussée, prépare-toi à quelques frustrations.

Rapport qualité-prix et concurrence

À environ 70 €, l’Epomaker Ajazz AK820 Pro est très bien placé. Comparons-le rapidement à ses concurrents directs dans la même gamme de prix.

Le Keychron K2 Pro est un peu plus cher (autour de 100 € en version sans fil), mais il offre la compatibilité QMK/VIA, ce qui change tout pour les utilisateurs qui veulent personnaliser leur clavier en profondeur. Par contre, il n’a ni écran TFT ni gasket-mount aussi prononcé.

L’Epomaker TH80 Pro, dans la même famille, est légèrement moins cher mais ne propose pas le triple mode ni l’écran. Il reste un excellent choix pour ceux qui veulent un 75% gasket-mounted simple et efficace.

Le Royal Kludge S98 propose plus de touches et un format plus complet mais avec un build quality globalement inférieur et un logiciel encore plus capricieux. Pour environ 70 €, l’AK820 Pro offre clairement le meilleur compromis fonctionnalités/qualité de frappe que j’ai pu tester récemment.

Caractéristiques techniques de l’Ajazz AK820 Pro

CaractéristiqueDétail
Format75 % (81 touches + molette + écran TFT)
Layout testéISO-FR (également ANSI, ISO-DE, ISO-ES)
SwitchesAjazz Gift (linéaires), hot-swap 3/5 pins
KeycapsPBT double-shot, profil OEM
MontageGasket-mount, plaque PC et PCB flex-cut
StabilisateursMontés sur plaque
ConnectivitéUSB-C filaire, Bluetooth 5.1, 2.4 GHz
Polling rate1000 Hz (filaire et 2.4 GHz) / 125 Hz (Bluetooth)
Batterie4000 mAh
RétroéclairageRGB par touche, LED south-facing
ÉcranTFT 0,85 pouce
CompatibilitéWindows et macOS (commutation par l’écran)
Dimensions327 x 136 x 40 mm
Poids0,8 kg
PrixEnviron 70 €

Verdict final

L’Epomaker Ajazz AK820 Pro est une vraie réussite à son tarif. La frappe gasket-mounted avec flex-cut est exceptionnelle pour ce prix, le triple mode de connexion fonctionne sans accroc, et les keycaps PBT double-shot tiennent leurs promesses. L’écran TFT, même s’il est plus gadget qu’indispensable, apporte une touche pratique appréciable pour vérifier l’état du clavier d’un coup d’œil. Cinq couches d’isolation acoustique, hot-swap, ISO-FR disponible, on ne demande presque rien de plus à un clavier à 70 €.

Les défauts existent : le logiciel propriétaire est instable, le boîtier en plastique ne fera pas rêver les amateurs d’aluminium, et le polling rate Bluetooth bridé à 125 Hz limite l’usage en gaming sans fil. Mais aucun de ces points n’est rédhibitoire pour la grande majorité des utilisateurs.

Je recommande ce clavier à toute personne qui veut découvrir le format 75% gasket-mounted sans casser sa tirelire, aux télétravailleurs qui jonglent entre plusieurs machines (le Bluetooth fait merveille pour ça), et aux amateurs de mods qui apprécieront l’aspect hot-swap. À éviter en revanche si tu cherches un clavier full QMK/VIA, ou si l’esthétique aluminium brossé est ton critère numéro un. Pour les autres, à 70 €, foncez.

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