Quand EPOMAKER a annoncé la Carbon X, j’étais à la fois curieux… et un peu méfiant. Une souris en fibre de carbone, annoncée à 50 grammes, équipée d’un capteur PAW3950, d’un polling rate jusqu’à 8000 Hz, le tout pour un prix autour de 80 dollars. Sur le papier, la promesse est énorme. Presque trop belle pour être vraie.
Après plusieurs jours de test intensif, en jeu comme en usage quotidien, je peux le dire sans détour : la Carbon X n’est pas une souris “gadget”. C’est une vraie souris gaming haut de gamme, pensée par des gens qui comprennent ce que recherchent les joueurs exigeants.
Les plus
- Poids extrêmement léger (≈46 g réels)
- Coque en fibre de carbone rigide et premium
- Excellent capteur PAW3950
- Polling rate jusqu’à 8000 Hz
- Switchs optiques Omron très réussis
- Connexion tri-mode (filaire, 2.4G, Bluetooth)
- Logiciel web pratique et complet
- Très bon rapport qualité/prix
Les moins
- Équilibrage légèrement vers l’avant
- Skates perfectibles selon le tapis utilisé
- Autonomie réduite en 8000 Hz
- Format surtout adapté aux petites et moyennes mains

Un design carbone immédiatement reconnaissable
Le modèle que j’ai testé est la version noire, et visuellement, elle en impose. La fibre de carbone donne immédiatement une impression différente de ce qu’on retrouve habituellement sur le marché. Le rendu est sobre, technique, presque industriel. On est loin des souris RGB agressives ou des designs trop chargés.
La coque adopte une structure ajourée sur le dessus et à l’arrière, avec des trous assez larges mais bien positionnés. Les côtés, eux, restent totalement pleins, et c’est un excellent point. Cela améliore clairement la prise en main et évite cette sensation désagréable que peuvent provoquer les souris perforées sur les flancs.
En main, la Carbon X surprend immédiatement par son poids. Ou plutôt par son absence de poids.
46 grammes réels : une plume sous les doigts

EPOMAKER annonce environ 50 grammes. Sur la balance, la plupart des testeurs tombent plutôt autour de 46 grammes. Et honnêtement, c’est impressionnant.
Dès les premières minutes, la sensation est déroutante. Le moindre mouvement du poignet se traduit à l’écran. Les micro-ajustements deviennent presque instinctifs. En FPS compétitif, c’est exactement ce que l’on recherche.
La souris glisse littéralement sous la main, sans jamais donner l’impression d’être fragile. Malgré son poids plume, la coque reste très rigide. Même en appuyant volontairement fort, il y a très peu de flex. On sent que la fibre de carbone n’est pas là pour faire joli.
Une forme polyvalente qui convient à beaucoup de mains

La forme de la Carbon X est intelligemment pensée. Elle n’est pas une copie évidente d’un modèle existant, même si elle rappelle légèrement certaines références connues du marché.
La bosse est relativement centrée, ce qui la rend confortable aussi bien en claw grip qu’en fingertip, voire en palm grip pour les mains petites à moyennes. Personnellement, j’utilise un claw grip assez prononcé, et je m’y suis senti immédiatement à l’aise.
Avec ses dimensions d’environ 118 mm de long pour un peu plus de 62 mm de large, la Carbon X s’adresse clairement aux petites et moyennes mains, mais peut aussi convenir à de plus grandes mains en fingertip.
Les trous ne m’ont jamais gêné en jeu. On les sent, évidemment, mais ils disparaissent très vite dès que la concentration prend le dessus.
Des clics optiques Omron exemplaires
EPOMAKER a fait un excellent choix en intégrant des switchs optiques Omron pour les clics principaux. Le ressenti est net, sec, très réactif.
Le pré-travel est minimal, le post-travel quasiment inexistant. Les clics sont faciles à spammer, très réguliers, et surtout totalement exempts de double-clic, ce qui reste l’un des grands avantages de l’optique.
Le bouton gauche comme le bouton droit inspirent confiance. On sent une implémentation propre, maîtrisée, digne de souris bien plus chères.
Les boutons latéraux sont bien positionnés, faciles à atteindre avec le pouce, avec une sensation un peu plus ferme mais très précise. Le scroll wheel, quant à lui, est caoutchouté, agréable sous le doigt, avec des crans présents mais pas trop agressifs. Ce n’est pas le meilleur encodeur du marché, mais il fait parfaitement le travail.
Un capteur PAW3950 au sommet de la hiérarchie
Sous le capot, la Carbon X embarque l’un des meilleurs capteurs actuels : le PixArt PAW3950.
On retrouve une plage de DPI allant jusqu’à 30 000, une vitesse de suivi de 750 IPS, une accélération de 50G et un tracking irréprochable. En jeu, le comportement est exemplaire. Aucun décrochage, aucune incohérence, même lors de mouvements très rapides.
Que ce soit pour du tracking, du flick ou du micro-ajustement, la souris répond parfaitement. On sent immédiatement qu’on est sur un capteur haut de gamme, sans lissage artificiel ni sensation flottante.
Le 8000 Hz : utile, mais réservé aux machines solides
La Carbon X propose un polling rate réglable jusqu’à 8000 Hz, aussi bien en filaire qu’en 2.4 GHz. Dans les faits, les mesures sont très proches des valeurs annoncées, avec une excellente stabilité.
Soyons clairs : le 8000 Hz ne transformera pas votre niveau de jeu du jour au lendemain. Mais sur un PC puissant, avec un écran 240 Hz ou plus, la différence de réactivité se ressent légèrement, notamment dans les micro-mouvements.
Bonne nouvelle : EPOMAKER permet d’ajuster précisément le polling rate, de 125 Hz jusqu’à 8000 Hz, ce qui permet de trouver le bon compromis entre performance et autonomie.
Une connectivité tri-mode très bien gérée
La Carbon X propose trois modes de connexion :
– filaire USB-C
– sans fil 2.4 GHz
– Bluetooth
Le mode 2.4 GHz offre une latence extrêmement faible, mesurée autour de 0,4 ms, ce qui est excellent. En filaire, on descend encore légèrement, tandis que le Bluetooth reste logiquement plus lent, mais parfaitement exploitable pour un usage bureautique.
La batterie de 300 mAh n’est pas énorme, mais cohérente avec le poids. En 1000 Hz, l’autonomie est correcte. En 8000 Hz, il faudra accepter de recharger plus souvent — mais c’est le prix à payer pour ce niveau de performance.
Un logiciel en ligne étonnamment efficace

EPOMAKER fait un choix intéressant : aucun logiciel à installer. Tout passe par une interface web.
Et contre toute attente, ça fonctionne très bien. On y retrouve tous les réglages essentiels : DPI, polling rate, lift-off distance, debounce time, macros, profils, gestion de la veille, indicateur de batterie.
L’interface est claire, rapide, sans fioritures inutiles. Pour moi, c’est même un avantage : pas de programme lourd qui tourne en arrière-plan.

Mon ressenti après plusieurs jours d’utilisation
En jeu, la Carbon X est redoutable. Elle est rapide, précise, ultra légère, avec des clics irréprochables et un capteur de tout premier plan.
Oui, elle est légèrement front-heavy, notamment à cause de la position de la batterie. Les joueurs très pointilleux le remarqueront. Les skates d’origine sont corrects, mais pas exceptionnels. Sur un tapis très souple, on peut parfois ressentir une légère rugosité.
Mais à ce niveau de prix, difficile d’être réellement sévère.
La Carbon X donne clairement l’impression d’utiliser une souris bien plus chère que ce qu’elle coûte réellement.

Jean Idereon est un passionné d’informatique et de technologies émergentes, fort de plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des tests produits et de l’analyse d’outils numériques. Rédacteur, il décrypte l’actualité high-tech et propose des comparatifs rigoureux, des tests approfondis et des guides pratiques destinés aux professionnels comme aux passionnés. Soucieux de fiabilité et de transparence, Jean s’appuie sur des protocoles de test exigeants et une veille technologique permanente pour offrir à ses lecteurs des contenus à forte valeur ajoutée.

