Quand on teste beaucoup de claviers mécaniques, on devient exigeant. Très exigeant même. Le moindre détail finit par compter : la frappe, le son, la stabilité, l’autonomie, l’ergonomie, le plaisir d’utilisation au quotidien. Et c’est précisément pour cette raison que le EPOMAKER TH99 PRO m’a surpris. Pas par une promesse marketing de plus, mais par une sensation très simple : j’avais envie de continuer à taper dessus.
Le TH99 PRO s’inscrit dans la gamme premium accessible d’Epomaker. Un clavier mécanique 1800 layout (96 %), tri-mode, doté d’un écran TFT, d’une molette multifonction, d’une énorme batterie de 10 000 mAh, et surtout d’une construction gasket avec cinq couches d’amortissement sonore. Sur le papier, la fiche technique est dense. Sur le bureau, l’expérience l’est tout autant.
Après plusieurs jours d’utilisation intensive à base de rédaction, navigation, multitâche, un peu de jeu le soir; voici mon retour complet.
Les plus
- Excellente qualité de frappe grâce au gasket multi-couches
- Switches Creamy Jade très réussis
- Autonomie exceptionnelle (10 000 mAh)
- Écran TFT réellement utile
- Molette pratique et intuitive
- Design soigné et moderne
- Format 1800 idéal pour la productivité
- RGB propre et bien intégré
- Hot-swappable 5 pins
Les moins
- Pas de compatibilité VIA / QMK
- Boîtier en ABS (même s’il est très bien fini)

Un format 1800 parfaitement équilibré pour travailler au quotidien

Le format 1800 est probablement l’un des plus intelligents pour un usage hybride travail / loisir. On conserve le pavé numérique, indispensable pour beaucoup d’utilisateurs, tout en réduisant l’encombrement par rapport à un clavier full size classique.
Avec ses 98 touches, le TH99 PRO offre un espace de travail clair, logique, sans sensation d’étouffement. Tout est à portée naturelle des doigts. Les touches de navigation (Insert, Page Up, Page Down…) sont bien placées, et la transition depuis un clavier 100 % se fait sans aucun temps d’adaptation.
Sur le bureau, le clavier impose une vraie présence. Il pèse plus de 1,1 kg, ce qui lui donne une excellente stabilité. Rien ne bouge, même lors de longues sessions de frappe ou de jeux plus nerveux. C’est un clavier qui reste ancré, littéralement.

Une vraie montée en gamme côté design et finitions
Epomaker a clairement soigné l’esthétique du TH99 PRO. Le modèle que j’ai utilisé est particulièrement réussi. Le clavier n’essaie pas d’en faire trop, mais il assume son côté premium.
Le boîtier est en ABS, ce qui peut faire tiquer certains puristes, mais dans les faits, il est dense, rigide, sans craquement ni flex perceptible. La plaque PC combinée au montage gasket apporte un toucher très homogène.
Ce qui attire immédiatement l’œil, ce sont les éléments lumineux périphériques. On ne parle pas seulement du RGB sous les touches, mais aussi :
- une bande LED à l’arrière du clavier
- un anneau lumineux autour de la molette
- un logo rétroéclairé
Le rendu est propre, élégant, très “setup friendly”. On sent que ce clavier a été pensé pour faire partie du bureau, pas seulement pour servir d’outil.

L’écran TFT et la molette : loin d’un gadget
C’est souvent le point qui suscite le scepticisme. Un écran sur un clavier ? Gadget ou vraie utilité ? Sur le TH99 PRO, la réponse est claire : c’est utile.
L’écran TFT affiche en temps réel :
- le mode de connexion (USB, 2.4 GHz, Bluetooth)
- le niveau de batterie
- différents paramètres système
- des animations ou visuels personnalisés

La molette rotative permet de naviguer directement dans les menus du clavier, sans passer par un logiciel. Volume, effets lumineux, réglages rapides… tout se fait depuis le clavier.
C’est un vrai confort au quotidien. Pour vérifier la batterie, changer de mode ou ajuster un effet RGB, pas besoin d’ouvrir une application. Tout est immédiat, intuitif, fluide.
On est clairement sur une expérience plus premium que le TH99 “classique”. Le Pro ne fait pas mieux techniquement sur la base mais il rend l’utilisation plus agréable.
Une autonomie monstrueuse grâce à la batterie 10 000 mAh

C’est l’un des gros points forts de ce clavier. Le TH99 PRO embarque une batterie de 10 000 mAh, ce qui est tout simplement énorme pour un clavier mécanique.
Concrètement, cela se traduit par une autonomie de plusieurs semaines en usage classique, même avec le RGB activé de manière raisonnable. En Bluetooth, il peut tenir facilement une semaine complète de travail intensif sans recharge.
Pour ceux qui, comme moi, détestent brancher leurs périphériques tous les deux jours, c’est un vrai luxe. On branche, on oublie. Et quand on a besoin de vérifier, l’écran l’indique immédiatement.
Une frappe gasket douce, feutrée et très reposante
C’est probablement là que le TH99 PRO m’a le plus convaincu.
Le clavier utilise une structure gasket montée sur plusieurs couches de matériaux amortissants : PORON, IXPE, latex, silicone, PET. Dit comme ça, ça ressemble à une fiche marketing. Mais sous les doigts, la différence est flagrante.
La frappe est :
- douce
- légèrement amortie
- très stable
- sans résonance métallique
Les vibrations sont filtrées, le retour est feutré, presque moelleux. Sur de longues sessions d’écriture, c’est extrêmement confortable. La fatigue est nettement réduite, surtout comparé à des claviers plus rigides.
On sent clairement que le TH99 PRO a été pensé pour écrire longtemps, pas seulement pour faire joli.
Creamy Jade ou Sea Salt Silent : deux philosophies très différentes
Epomaker propose deux types de switches sur ce modèle.
Les Sea Salt Silent V2 sont très silencieux, presque trop. Leur frappe est amortie à l’extrême, ce qui peut donner une sensation légèrement “molle”. Ils conviendront parfaitement à un environnement professionnel très calme, mais ils ne sont pas ceux que je privilégie. A vrai dire, je les utilise en open space et ils remplissent complètement leur rôle.
Les Creamy Jade, en revanche, portent parfaitement leur nom. Ce sont des switches linéaires :
- très fluides
- parfaitement lubrifiés
- avec un son profond et crémeux
- extrêmement agréables à la frappe
C’est clairement la version que je recommande. Le son est “thocky”, contrôlé, jamais agressif. On prend plaisir à écrire, à taper, à enchaîner les paragraphes.
Pour le jeu, ils sont très bons, même s’ils ne remplacent pas un clavier Hall Effect pour les joueurs ultra compétitifs. Mais pour 95 % des usages, ils font largement le travail.
Logiciel et personnalisation : simple et efficace
Le TH99 PRO ne propose pas de compatibilité VIA/QMK, ce qui pourra décevoir certains utilisateurs avancés. En revanche, Epomaker propose son Upgear Online Driver, accessible directement via navigateur.
Pas besoin d’installation. Tout se fait en ligne :
- remappage des touches
- gestion du RGB
- personnalisation de l’écran
- macros
L’interface est claire, fonctionnelle, et suffisante pour la grande majorité des utilisateurs. Et honnêtement, le clavier fonctionne parfaitement dès la sortie de boîte.
Un clavier pensé pour les longues journées
Ce qui ressort après plusieurs jours d’utilisation, c’est une chose : le TH99 PRO est agréable à vivre.
Ce n’est pas seulement un bon clavier sur le plan technique. C’est un clavier qui donne envie d’être utilisé. La frappe est reposante, le son maîtrisé, l’autonomie rassurante, l’écran pratique.
Il ne cherche pas à impressionner à tout prix. Il cherche à rendre le quotidien plus fluide.
Le EPOMAKER TH99 PRO n’est pas simplement une évolution du TH99. C’est une version plus mature, plus confortable, plus agréable à utiliser au quotidien.
Il ne cherche pas à être “le meilleur clavier du monde”, mais il réussit quelque chose de bien plus important : offrir une expérience cohérente et plaisante, du matin au soir.
Ce clavier est fait pour :
- les professionnels qui tapent beaucoup
- les créateurs de contenu
- les rédacteurs
- les développeurs
- les utilisateurs exigeants qui veulent un setup propre et fonctionnel
- ceux qui veulent un clavier complet sans sacrifier le confort
Si vous passez plusieurs heures par jour devant votre clavier et que vous recherchez du confort, de la douceur, du silence maîtrisé et une vraie sensation premium, le TH99 PRO est clairement l’un des meilleurs choix dans cette gamme de prix.
Un clavier qu’on n’a pas envie de ranger. Un clavier qu’on garde sur le bureau. Et ça, dans le monde du mécanique, c’est rarement un hasard.

Jean Idereon est un passionné d’informatique et de technologies émergentes, fort de plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des tests produits et de l’analyse d’outils numériques. Rédacteur, il décrypte l’actualité high-tech et propose des comparatifs rigoureux, des tests approfondis et des guides pratiques destinés aux professionnels comme aux passionnés. Soucieux de fiabilité et de transparence, Jean s’appuie sur des protocoles de test exigeants et une veille technologique permanente pour offrir à ses lecteurs des contenus à forte valeur ajoutée.

