Epomaker HE75 V2 TMR : Le clavier gaming qui veut tout faire

Ça fait plusieurs années maintenant que tout le monde se bat sur le terrain des claviers gaming magnétiques. Effet Hall par-ci, actuation réglable au centième de millimètre par-là, rapid trigger, SOCD, la course aux buzzwords bat son plein. Sauf qu’il y a un truc dont personne ne parle assez : la grande majorité de ces claviers sonnent mal. Ou en tout cas, pas terrible. Et pour beaucoup d’entre nous, le gaming n’est pas la seule chose qu’on fait de nos journées.

C’est exactement là que l’Epomaker HE75 V2 TMRdébarque avec une promesse un peu différente. Sous le capot, ce ne sont plus de simples capteurs à effet Hall, mais des capteurs TMR (Tunnel Magneto Resistance). Le vrai argument, ce n’est pas juste la précision annoncée, c’est la modularité : ce clavier accepte aussi bien des switches magnétiques que de vrais switches mécaniques 3 ou 5 broches, dans le même PCB. Autrement dit, vous gardez les fonctions gaming là où vous en avez besoin, et vous mettez du mécanique bien creamy partout ailleurs.

Affiché autour de 109 $ (soit environ 100 € une fois importé), il se positionne juste au-dessus de la version non-TMR qui tourne plutôt vers 80 à 90 $. Est-ce que le surcoût vaut le coup ? C’est tout l’objet de ce test, après quelques semaines à taper et jouer dessus.

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Prix constaté

109,65 $

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Les plus

  • Modularité TMR : switches magnétiques ET mécaniques dans le même clavier
  • Format 75% intelligent (touches F et flèches conservées)
  • Latence très basse, y compris en 2.4 GHz
  • Grosse batterie 8000 mAh
  • Molette hot-swap transformable en deux touches
  • Éclairage RGB « cristal » vraiment réussi
  • Bon son dès la sortie de boîte, encore meilleur après un swap de switches

Les moins

  • Logiciel EPOMAKER lourd et brouillon, bardé de fonctions IA inutiles
  • Boîtier plastique sans vis, pas pensé pour le démontage
  • Pas d’auto-calibration après un swap de switch mécanique
  • Switches à effet Hall d’origine un peu chattery
  • Le 8000 Hz vide la batterie et sollicite le CPU

Deux chiffres sautent aux yeux sur cette fiche. D’abord la latence : 0,1 ms en filaire et surtout 0,58 ms en 2.4 GHz. Ce sont des chiffres impressionnants, presque surréalistes, que je n’ai pas pu vérifier moi-même faute de banc de test de latence. Ce que je peux dire, c’est que sur les autres claviers TMR que j’ai eus entre les mains, on est effectivement sur du 1 à 2 ms en sans fil, donc c’est cohérent avec la tendance actuelle. Ensuite la batterie : 8000 mAh, c’est énorme pour un clavier. On comprend vite pourquoi en lisant la suite de la fiche.

Le vrai point différenciant reste le hot-swap hybride. Là où la version HE75 V2 classique n’accepte que des switches à effet Hall, cette déclinaison TMR permet de mélanger magnétique et mécanique dans le même PCB. C’est ça qui change tout, et j’y reviens en détail plus loin.

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Design et qualité de fabrication : du plastique assumé

Le déballage n’a rien d’exceptionnel. Une boîte en carton basique, quelques switches de rechange, un puller 2-en-1 pour keycaps et switches (bien pratique), un câble USB-C, deux keycaps pour la molette et le manuel multilingue. Rien de folichon, mais l’essentiel est là.

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Le clavier lui-même adopte un format 75%. Et honnêtement, entre nous, c’est déjà un meilleur choix que la plupart des claviers magnétiques du marché. On garde la rangée de touches F en haut et les flèches en bas, là où beaucoup de concurrents optent pour du 60 ou 65% qui vous fait gagner un peu de place pour la souris mais vous prive de touches précieuses pour vos macros. Pour du gaming, ce layout est objectivement plus polyvalent.

Côté matériaux, il faut être clair : c’est du plastique. Boîtier ABS, sans la moindre vis ni système de démontage rapide. Si vous voulez ouvrir la bête, il faut sortir un outil de pry et forcer, avec le risque de casser un clip dans le boîtier. Ce n’est pas un clavier pensé pour le mod, et sur ce point certains concurrents un peu plus chers sont bien plus accueillants. Cela dit, un point m’a surpris à la prise en main : il y a une vraie densité, un poids qui ne fait pas cheap du tout. La grosse batterie y est probablement pour beaucoup.

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Le clavier dispose de béquilles à deux étages, ce qui donne trois angles de frappe (5,8, 9 et 12 degrés). Le dongle 2.4 GHz est astucieusement rangé sous l’un des pieds. Et puis il y a ce détail que j’ai gardé pour la fin : une fois allumé, ce clavier est vraiment beau. La barre RGB frontale passe à travers une découpe façon cristal à l’arrière du boîtier, et l’effet est superbe, un peu comme certains ventilateurs de boîtier PC avec leur diffusion géométrique. Les keycaps translucides en PC laissent le RGB traverser avec une belle netteté. Et si vous détestez le RGB, vous coupez tout, point final.

Les keycaps, justement, ont des légendes bien marquées imprimées en sérigraphie. Ce n’est pas mon esthétique préférée, mais c’est totalement subjectif, et rien ne vous empêche de les remplacer.

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L’expérience d’utilisation : là où le TMR prend tout son sens

D’origine, EPOMAKER a monté ses switches Creamy Jade à effet Hall. Comparés à d’autres switches Hall que j’ai testés, ils sont clairement dans le haut du panier. La frappe est très fluide, agréable. Mais soyons honnêtes : ça reste en dessous d’un bon switch mécanique. Il y a ce petit côté chattery, un rendu sonore qui n’a rien de creamy malgré ce que le nom promet.

Et c’est précisément là que la modularité TMR devient géniale. Avec le puller fourni, retirer les switches magnétiques est un jeu d’enfant. J’ai sorti les Creamy Jade Hall et j’ai mis à la place des vrais Creamy Jade mécaniques, les linéaires que j’adore pour leur tarif imbattable et leur force légère de 45 g. Le résultat est immédiat : un son bien plus profond, plus plein, grâce à la combinaison tige POM, top en PC et bottom en PA66. Trois plastiques différents qui, ensemble, sonnent vraiment bien.

La vraie stratégie que je recommande avec un clavier comme celui-ci ? Garder les switches magnétiques uniquement sur les touches où les fonctions gaming comptent (typiquement ZQSD, plus 1234 et QWER selon vos jeux), et passer tout le reste en mécanique creamy. Vous profitez du rapid trigger et de l’actuation ajustable là où c’est utile pour le jeu, et d’un son de clavier custom partout ailleurs. C’est exactement le genre de compromis qu’aucun clavier purement effet Hall ne peut offrir.

La molette en haut à droite mérite une mention. Elle est hot-swappable, on peut carrément la retirer pour ouvrir deux emplacements de switches supplémentaires. Sur mon exemplaire, elle avait tendance à couper le son de l’ordinateur à chaque rotation, un souci que j’espère voir corrigé sur les unités finales, mais l’idée reste maligne.

Du côté de la frappe pure, EPOMAKER annonce une structure gasket 5 couches. En pratique, on ne ressent pas vraiment de bounce prononcé, c’est surtout un ressenti un peu plus souple. Et c’est probablement volontaire : avec des switches magnétiques ultra-précis, un gros rebond viendrait perturber les actuations réglées au centième de millimètre. Le spacebar ne cliquette pas, les stabilisateurs font correctement leur travail. En gaming, la possibilité de régler l’actuation par touche est un vrai atout : on peut placer certaines touches très haut dans la course pour réagir au quart de tour, tout en gardant les autres à un niveau plus classique.

Le logiciel EPOMAKER : le gros point noir

Voilà où EPOMAKER continue de trébucher. Après avoir installé le logiciel propriétaire et branché le clavier (qui ne l’a d’ailleurs pas reconnu en sans fil au premier essai), on tombe sur une interface franchement brouillonne.

Si vous êtes du genre à régler votre clavier une bonne fois pour toutes puis à oublier le logiciel, ça passera. Vous configurez vos actuations, votre rapid trigger, votre snap tap, vos macros, et vous désinstallez. Mais quand on achète un clavier gaming comme celui-là, on a plutôt tendance à vouloir affiner régulièrement ses réglages. Et là, l’expérience devient pénible. L’ergonomie est datée, certaines fonctions manquent, et le plus agaçant : le clavier ne se recalibre pas automatiquement quand vous avez swappé un switch mécanique. Concrètement, après un changement de switch, vous devez rouvrir le logiciel et forcer une redétection pour que tout fonctionne correctement.

Cerise sur le gâteau, EPOMAKER a jugé bon d’intégrer un assistant IA et toute une page de fonctions génératives dont personne ne veut. Non, je n’ai pas envie de générer une image depuis le logiciel de mon clavier. C’est du superflu qui alourdit l’ensemble. Je précise que le clavier reste théoriquement compatible VIA, ce qui peut sauver la mise pour les allergiques au logiciel maison, mais ça ne rachète pas une expérience globale en retard sur la concurrence.

Autonomie et connectivité : le sans-fil rapide, mais gourmand

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Le HE75 V2 TMR est un clavier tri-mode : filaire, 2.4 GHz et Bluetooth (jusqu’à trois appareils appairés). Le Bluetooth plafonne à 125 Hz de polling, logique, il sert surtout à passer sur un téléphone ou une tablette pour de la bureautique. Pour le jeu, on reste en filaire ou en 2.4 GHz, où le 8000 Hz déploie tout son potentiel.

Justement, ce fameux 8K. C’est un argument de fiche technique que beaucoup de fabricants poussent en ce moment, et disons-le : pour la majorité des joueurs, c’est un peu gadget. Faire tourner un clavier à 8000 Hz en sans fil demande une machine correcte, parce que ça sollicite réellement le CPU, et surtout ça vide la batterie beaucoup plus vite. C’est d’ailleurs pour ça qu’EPOMAKER a collé cette énorme batterie de 8000 mAh dans le châssis. En 1000 Hz, vous tiendrez sans souci sur la durée sans penser au câble. En 8K par contre, prévoyez de le recharger après une bonne session de jeu.

Je n’ai pas pu mesurer précisément l’autonomie sur banc, mais l’ordre de grandeur est clair : la capacité est là pour compenser la gourmandise du mode haute performance. C’est un choix cohérent.

Rapport qualité-prix et concurrence

À une centaine d’euros, le HE75 V2 TMR se place dans une zone très disputée. Sa version non-TMR, autour de 80 à 90 $, propose déjà l’essentiel des fonctions gaming à effet Hall pour moins cher, mais sans la compatibilité mécanique. Le surcoût du TMR se justifie uniquement si la modularité vous parle, et à mon sens elle vaut vraiment le coup pour qui veut un seul clavier polyvalent.

Face à des concurrents comme la SK75 TMR de chez Wereier, qui tourne plutôt autour de 130 $, le HE75 V2 TMR assume son boîtier plastique et son absence de démontage facile pour tirer les prix vers le bas. On perd en modularité de build et en matériaux premium, mais on gagne sur la facture. C’est un positionnement clair : la techno TMR accessible, sans fioritures.

Verdict

Le HE75 V2 TMR fait beaucoup de choses bien. La modularité magnétique/mécanique est vraiment cool et ouvre des possibilités qu’un clavier effet Hall classique n’offre pas. Le format 75% est le bon choix, la latence tient ses promesses sur le terrain, la batterie est généreuse et l’éclairage cristal fait son petit effet. Dès la sortie de boîte, le son est déjà correct, et après un swap de switches mécaniques il devient franchement bon. Le vrai frein, c’est le logiciel : lourd, daté, encombré de fonctions IA inutiles, et sans auto-calibration après un changement de switch.

Ce clavier est fait pour vous si vous voulez une seule machine capable de switcher entre gaming réactif et frappe agréable, et que vous aimez bidouiller vos switches. Il l’est moins si vous cherchez un clavier haut de gamme au boîtier premium et facile à modder, ou si une interface logicielle propre est un critère non négociable pour vous. Pour environ 100 €, si la liberté du TMR vous attire et que vous acceptez de composer avec un logiciel perfectible, c’est un achat qui a du sens.

Les caractéristiques techniques du HE75 V2 TMR

CaractéristiqueDétail
Format75%, layout ANSI QWERTY, 80 touches + 1 molette
CapteurTMR (Tunnel Magneto Resistance)
SwitchesEPOMAKER Creamy Jade effet Hall (pré-lubrifiés)
Hot-swapOui, magnétiques et mécaniques 3/5 broches
ActuationRéglable de 0,1 à 3,5 mm, par pas de 0,005 mm
MontageGasket-mount, système 5 couches d’absorption sonore
PlaqueFR4
BoîtierPlastique ABS
KeycapsPC translucide mat, profil Cherry
ConnectivitéFilaire USB-C / 2.4 GHz / Bluetooth (jusqu’à 3 appareils)
Polling rate8000 Hz (USB/2.4 GHz), 125 Hz (BT)
Latence annoncée0,1 ms filaire, 0,58 ms en 2.4 GHz, 15 ms en BT
Batterie8000 mAh (2 x 4000 mAh)
RétroéclairageRGB par touche (south-facing) + barre RGB frontale « cristal »
LogicielEPOMAKER 3.0 / V4 (web et téléchargeable)
CompatibilitéWindows, Mac, Android, iOS
Dimensions32,4 x 13,8 x 4,3 cm
Poids0,98 kg
Prix109,65 $ (~100 €)
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